un cinéma à renouveler

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Dimanche 26 février 2012 7 26 /02 /Fév /2012 09:05

guillaume sylvain

Ce n’était plus une de ces bandes super 8 bricolées amoureusement avec mes copains.

C’était un film de fin d’études. Un truc « sérieux ».

Sujet libre. Tournage en studio avec décor à imaginer et à construire.

Une équipe et tout le matériel technique pour réaliser un court-métrage en 16 mm, à ma disposition pour une semaine.

Vertige. Trouver une idée, la développer, la transformer en scénario.

Découper en séquences, en plans.

Trouver des comédiens. Expliquer à l’équipe.

Tâtonner, répéter, chercher. Trouver.imaginations tournage

Je me souviens que ce film s’est appelé Imaginations.

Parce que justement, après avoir été submergé par des centaines d’idées « cinématographiques » depuis plusieurs années, là, rien. Le vide.

Voilà l’histoire. Simple. Un homme qui n’a pas de sujet, et l’idée lui vient d’un enfant.

5 minutes 30 de non-histoire.

Un film calme, soyeux, intime et léger.

Je me souviens qu’à l’époque Wim Wenders répétait en boucle qu’il ne savait pas raconter d’histoires et que c’était pour cette raison qu’il tournait essentiellement des road-movies. Qu’avec ce genre de film, le récit avançait tout seul en suivant les pérégrinations et le rythme de ses personnages.imaginations tournage 2

Je me souviens que bien des années plus tard, après avoir abandonné l’idée de raconter des histoires sur pellicule, je me suis rendu compte qu’un film pouvait naître aussi de la confrontation de l’imagination et de l’inopiné. Je me suis acheté une petite caméra numérique.guillaume

 

Par Eric PETIT
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Mercredi 16 novembre 2011 3 16 /11 /Nov /2011 13:30

séance commencée

 femme shark

shark

retros cinematheque

haddock

tv2

tv2 porte

 

 

 

Par Eric PETIT
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 21:29
 urgence / dire            camion libyen
     raconter / histoires  courts
      faire  / savoir         cheval zarzis
    le temps du réel      mobylette

  

                                                              contre champ

Par Eric PETIT
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 21:27
              
Quelques réflexions illustrées d’extraits vidéo en semi-vrac sur l’évolution du cinéma depuis l’explosion numérique, après deux jours de conférences, de rencontres et autres tours de table à la cinémathèque française à Paris les 13 et 14 octobre derniers.
Le colloque était intitulé « Révolution numérique. Et si le cinéma perdait la mémoire ? ».
Beaucoup de questions, peu de réponses, mais quelques pistes.
Il semble bien, d’après les nombreux professionnels du métier présents (pour paraphraser je ne sais plus quel cinéaste helvétique), qu’il s’agisse ici d’une évolution aussi conséquente que l’apparition du parlant dans les années 20 du siècle dernier.-t--2008-114.JPG
Il est difficile de se débarrasser de toute nostalgie. Nous avons aimé un (le) cinéma, il nous a aidés à grandir, à vivre. Il nous a accompagnés pendant des dizaines d’années. Il avait une forme, une esthétique  bien familière qu’il est pénible de voir disparaître. Dans le même temps, l’innovation nous excite et nous rend curieux. Composons avec ces deux sentiments et tentons de voir ce que nous allons devenir, nous, petits tripatouilleurs de pellicules et spectateurs exigeants avides de nouvelles sensations.
Le bouleversement, car il y a assurément bouleversement, touche tous les secteurs de la cinématographie, de la fabrication du film jusqu’à sa conservation en passant par sa diffusion.
Il y avait apparemment urgence à débattre. Reconnaissons tout de même que la population la plus concernée par le digital, c'est-à-dire la plus jeune, était assez peu représentée lors de ces journées d’échange. On a bien pesé le contre et effleuré le pour.
Le numérique permet à beaucoup plus de gens de faire des films. On le sait.  Moins coûteux, matériel moins encombrant, équipe technique réduite à son minimum, trucages, effets spéciaux, montage à la portée de tous. Les frontières entre le « métier » et le monde amateur s’amenuisent. Ca ne plait pas à tout le monde.  Des prés carrés partent en fumée.
Un univers disparait peu à peu, une manière de penser, de travailler, d’envisager la création.
Dernièrement un jeune réalisateur n’ayant connu que le digital me parlait de l’époque du 35 mm et la qualifiait « d’école de la rigueur ».  Est-on moins consciencieux avec le numérique ou l’outil ne nous permet-il pas simplement un peu plus de  relâchement ?
Fabriquer des images avec une caméra numérique est plus pratique et moins onéreux, certes. Quoique … aujourd’hui les quelques films tournés encore en 35 mm le sont parfois avec des caméras qui ont 20 ou 30 ans d’âge qui ont les mêmes performances et les mêmes rendus. On sait qu’une caméra numérique sera obsolète au bout d’un an, qu’elle sera remplacée par un modèle moins cher et plus performant. Peut-être plus "bugé" et moins bien mise au point. Des versions beta qui ne seront suivies d'aucune autre. RedOne Cside 460 356 460 356
Le tournage a perdu de son importance, on le sait aussi. La post-production a pris le pouvoir.
Une phrase entendue pendant le colloque : « Ils captent des images les plus  correctes possible bien arrosées par un éclairage neutre et ils fabriquent ce que nous appelions, nous, la lumière, sur ordinateur ». Il est vrai que ce qui sortait d’un tournage devait être plus abouti car les moyens de corrections et de transformations étaient moins nombreux et beaucoup plus coûteux.
Lors de ces rencontres, il y eut aussi grand débat sur la texture même de l’image.
Résumons : le film numérique est froid, sans relief, sans vie. Il nous propose les mêmes images que notre téléviseur. Ce n’est plus du cinéma, dit-on. Le grain du 35 mm, de l’image chimique, lui, donne vie et profondeur. On est dans la fiction, le rêve et l’interprétation.
Les appareils numériques tentent de se rapprocher de leurs ainés en produisant des images ressemblant le plus possible à l’image « cinéma ». Le pari n’est pas loin d’être gagné. Mis à part  les « vieux » professionnels et les plus pointilleux et pinailleurs des spectateurs (dont je fais assurément partie), le public ne cherche pas à faire la différence et s’en contrefiche. La multitude d’écrans, qui nous impose des images de qualités très variables, nous a rendus moins difficiles, plus perméables et tolérants à la médiocrité. Dans une seconde partie nous verrons comment les conditions de projection en salle se sont rapidement dégradées avec le digital.
Une certitude semble acquise et met tout le monde d’accord. Le cinéma vit  un moment important  de son histoire. A chacun de trouver sa place entre les partisans du « c’était mieux avant » et les convaincus du « tout commence aujourd’hui ». La position d’observateur occupée par ceux qui ont connu le cinéma avant le numérique est à la fois stratégique et passionnante.
Voici donc 23 minutes de propos capturés à l’arrache avec ma vieille DV.
Prochain épisode : la projection et la conservation du patrimoine.
 
Par Eric PETIT
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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 20:11
Par Eric PETIT
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 07:16
Par Eric PETIT
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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 12:35

Peu de choses à engranger dans la box pour les jours qui viennent.

tv1

Fragments    Poussières d'Amérique / Arnaud des Pallières (2011) inédit / jeudi 14 / 00:00 / Arte

extrait

un vrai "documentaire de création", pour reprendre l'expression consacrée. par l'excellent réalisateur de Disneyland, mon vieux pays natal et de Drancy avenir.

 

Poils    King Kong / M.C Cooper (1933) / vendredi 16 / 23:05 / TCM

KING KONG
 

un souvenir d'enfance. quand je projetais l'extrait que je possédais en S8 sur le mur de ma chambre. là, il manquera juste le ronron du projecteur Heurtier.

Film Office!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gomme Rubber / Quentin Dupreux (2010) / vendredi 16 / 20:45 / Canal + cinéma rubber-2.1274029939.thumbnail

le fameux film tourné avec un appareil photo, que je n'ai toujours pas vu et dont je parle dans mon précédent post Filmer avec un appareil photo.

Par Eric PETIT
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Dimanche 11 septembre 2011 7 11 /09 /Sep /2011 19:11

                Compo 8-35 A 1 

Cette semaine est sorti un film tourné dans sa plus grande partie avec un appareil photo : La guerre est déclarée de Valérie Donzelli. Rubber de Quentin Dupieux , filmé entièrement avec un Canon 5D, est actuellement diffusé sur Canal +.

De plus en plus de productions de films, documentaires, publicités, reportages, séries, webdocs sont désormais réalisés avec des appareils photographiques réflex. Effet de mode ou véritable révolution ?

Petit relevé d’arguments établi au fil des lectures de ces dernières semaines

Les arguments mis en avant par les convertis :

-    Grâce à un capteur beaucoup plus grand, les appareils photos offrent une meilleure définition d’image que les caméras numériques.  Le rendu est très proche de la réalité.  Ils offrent une profondeur de champ plus grande et permettent de réaliser des images quasi identiques à celles obtenues avec des caméras 35 mm.  Possibilité d’isoler un premier plan, net, par rapport au second, flou … pour faire « cinéma ».                                   rubber

-    La taille de l’appareil fait beaucoup gagner en autonomie. Cela peut permettre de travailler plus facilement « à l’arrache » quand les conditions de tournage le demandent. Pour son film tourné en partie dans les hôpitaux, Valérie Donzelli ne pouvait pas se permettre une mise en place longue avec un « plateau » lourd et devait être prête à tourner à tout moment. Le Canon 5D était donc idéal.  Ajoutons à cela une gestion des rushes plus simple grâce au stockage sur carte. « La pellicule propose des images magnifiques, mais c'est très contraignant en termes de logistique et lorsque l'on voit la qualité de certaines images des appareils photos numériques actuels et la liberté créative que ça autorise, on peut se réjouir de la progression technologique. Les chemins entre les outils tout publics et le cinéma professionnel se rapprochent de plus en plus. On a juste l'impression qu'un tournage est plus sérieux parce qu'il y a 25 personnes derrière la caméra, mais il faut se sortir cette idée de la tête   » explique Danny Boyle (Petits Meurtres entre amis , Trainspotting,  28 Jours plus tard, Slumdog Millionaire et 127 heures, film pour lequel il a multiplié les types de caméras et d’appareils photo pour les prises de vue). Quentin Dupieux (Rubber) est encore plus catégorique : « la caméra 35 mm est un objet mort. Dès qu’on veut changer une optique, il faut appeler quelqu’un ». Greg Yaitanes, qui vient de réaliser un épisode de Dr House avec un appareil photo estime que cela va révolutionner le cinéma dit housecanonindépendant.  « Les jeunes créateurs peuvent travailler et enregistrer de manière très autonome » ajoute Sébastien Devaud  le réalisateur TV de la Nouvelle star.  Et Greg Yaitanes conclut : « Cet appareil me permet de raconter des histoires que je ne pouvais pas raconter avant et ça, c’est beaucoup plus important que les obstacles techniques ».

-     L’argument financier reste très fort. Un appareil du type Canon 5D coûte entre 2 000  et 3 000 euros sans accessoires alors qu’une caméra numérique très utilisée comme la Red One, environ 20 000. Il n’y a pas photo ! Les petites productions peuvent se permettre de tourner avec plusieurs appareils sans se ruiner.

-    En bref : l’appareil photo nouvelle génération, de type HDSLR, permet de faire des images ayant une qualité proche de celles du cinéma, sans avoir besoin d’une grosse infrastructure autour, avec une énorme économie de moyens et d’argent.

 

Les sceptiques répondent :

-    Leurs arguments sont tout à la fois techniques et « philosophiques ». L’image obtenue avec un appareil photo reste de l’image vidéo, froide sans relief, figée avec des capacités chromatiques moins riches. En 35mm, il existe 8 bleus différents, huit verts et huit rouges. Une bonne caméra ou appareil photo numérique digital ne possède que 4 nuances de chacune des couleurs primaires. Avec l’appareil photo on a donc une image plus réaliste, certes, mais plus froide et moins riche. Est-ce l’idéal pour la fiction, le rêve, la poésie, bref, tout ce qui fait une grande partie de l’intérêt du cinéma ?  Le plus gros défaut, purement hitlet holywoodtechnique, relevé par les utilisateurs, réside dans la grande difficulté à faire la mise au point. Ce qui devient encore plus gênant avec une grande profondeur de champ. En effet la course de la bague sur les objectifs entre la position macro et l’infini est très courte et n’autorise pas de précision. Il existe bien-sûr des moyens pour palier à ce défaut (utilisation du zoom in, du follow focus ou du focus assist) mais là il faut utiliser un moniteur qui est souvent plus volumineux  que l’appareil lui-même. D’autre part les appareils photos sont la plupart du temps bricolés par les techniciens, par exemple pour recevoir des objectifs conçus pour le 35 mm. En regardant des photos de tournages, on s’aperçoit que l’appareil de prise de vue devient plus encombrant qu’une vraie caméra 35, surtout s’y on y ajoute pare-soleil et autre matte box.  Une bonne vieille Aaton 35 du bon docteur Beauviala posée sur l’épaule ferait sans doute mieux l’affaire... Les appareils de prises de vue deviennent de plus en plus petits. On finira même par s'en passer pour faire des images…

 

thanks Christophe L.

-     Pierre Cottereau, jeune chef opérateur (Les Fragments d’Antonin, Les Yeux bandés, Survivre avec les loups, Gamines …) juge assez sévèrement cette course à l’évolution technologique : « On est en permanence transformé en bêta-testeur. Notre expérience sert à corriger les défauts des appareils qui viennent de sortir. Il y a souvent des bugs inexplicables. Parfois entre le moment où l’on a tourné le film et celui où il sort, la caméra utilisée est devenue obsolète ».

-     Ce matériel hybride  qui tente un mélange des genres audacieux (photo, cinéma, télévision) et qui rend encore plus mince les frontières entre le monde professionnel et l’univers amateur risque d’imposer une convergence esthétique. « On observe une imprégnation de la télévision par l’esthétique de la photo et du cinéma » regrette Gérald Holubowicz, photographe (Gamma, Polaris).

Pas facile de se faire une opinion. Dans l’histoire du film, et plus particulièrement du cinéma, chaque apport technique ou technologique a influé sur la forme et le fond. Pour Danny Boyle l’apparition de ce type d’appareil est plus importante que la renaissance de la 3D. Aujourd’hui ce sont surtout les journalistes reporters d’image qui s’équipent le plus. L’ensemble des JRI de France 24 travaillent avec des Canon. Il peut y avoir là une évolution conséquente dans le traitement de l’information. Après, pour la fiction, je ne pense pas que cela puisse changer grand chose. Le gros point positif réside dans le fait de rendre plus accessible un moyen d’expression et de création. Mais qui sortira de la masse ?

 

Cédric Klapish a tourné 25 % de son prochain film (Ma part de gâteau)avec un reflex Canon.

klapish

cliquer sur la photo pour visionner une interview du réalisateur

 


   

Par Eric PETIT
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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 12:49

Voilà de quoi remplir ma box la semaine prochaine. Une réserve de bûches pour les longues soirées d'automne.    box tv 2

 

Singeries     La planète des singes / Tim Burton (2001) / dimanche 4 / 20:40 / NT1planete-des-singes-1968-450x250

 juste pour pouvoir comparer avec la version 2011 et les précédentes

 

 

 

 

 

 

 

Tête d'oiseau    Judex / Georges Franju (1963) / lundi 5 / 21:00 / TV5

judex-franju-02-g 1252103212 

un hommage à Louis Feuillade. Magique et mystérieux

 

 Anges   Les ailes du désir / Wim Wenders (1987) / mercredi 7 / 0:40 / F2ailes-du-desire-les-2

 un film que j'avais détesté à sa sortie et qui avait mis un terme à ma première existence de cinéphile. blocage total, saturation. content de le revoir mais un peu tendu, tout de même. l'occasion aussi de faire un p'tit coucou à Peter Falk

 

 

 Tondeuse Une histoire vraie / David Lynch (1999) / jeudi 8 / 20:40 / Artehistoire vraie

un Lynch "normal", linéaire, avec une histoire trop fastoche à comprendre. son film le "plus personnel" dit lui-même le réalisateur. avec l'apparition fantomatique d'Harry Dean Stanton en symbole du vieux cinéma US disparu

 

Humain   Poetry / Lee Chang-dong (2010) / vendredi 9 / 20:45 / Canal + cinéma

poetry

pour la magnifique Yoon Jung-lee, par le réalisateur d'Oasis

Par Eric PETIT
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Samedi 3 septembre 2011 6 03 /09 /Sep /2011 14:46

ruiz

bad news ...

creme solaire

crème solaire ...

 artpress

 barbecue ...

fiction 

fiction ...

passe muraille

Little Marcel ...

Par Eric PETIT
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Samedi 2 juillet 2011 6 02 /07 /Juil /2011 09:55
  videotheque 4
1976 JVC invente et commercialise le format VHS.
Video Home System pour le grand public. Vertical Helicoïdal System pour les pionniers et inventeurs. L’arrivée de ces grosses K7 noires fait considérablement évoluer la façon de voir les films. Plus la peine d’attendre une hypothétique reprise en salle ou un passage dans la petite lucarne. Pour les plus furieux d’entre nous, c’est aussi la possibilité de disséquer nos films préférés, séquence par séquence, plan par plan, image par image. Explorations, découvertes. Petite révolution pour la cinéphilie.
 
1998 les premiers DVD sont mis en vente. videotheque 2
Meilleure qualité d’image et de son. Avec l’ajout de bonus (« on dit boni au pluriel », me dirait Agnès Varda), on aurait pu s’attendre à une autre progression dans la connaissance  cinéphilique, mais l’on s’aperçoit qu’à peine 1 bonus sur 5 est regardé. Sans doute parce qu’ils n’en valent pas la peine …
                                     
2002 les ventes de DVD dépassent celles de la VHS pour la première fois.
2006 le journal Les Echos nous prévient qu’une autre révolution est en marche.
                                        les echos 10.5.2006
2008 JVC décide enfin de stopper définitivement la production de magnétoscope.
Les fétichistes entrent en jeu.  
                                            
    Juillet 2011 Mon voisin se décide enfin à se séparer de sa collection.                                    videotheque 1
Par Eric PETIT - Communauté : Planète Cinéphile
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Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 09:48

«Le cinéma, ce nouveau petit salarié de nos rêves on peut l'acheter lui, se le procurer pour une heure ou deux, comme un prostitué.»

Voyage au bout de la nuit

 

lfc

                         LFC, figurant dans le film de son ami Jacques Deval

                                                    TOVARITCH (1935)

 

Louis Ferdinand Céline dans la débâcle: Ce rêve, à la fois, intime et collectif ...

                                                  

Par Eric PETIT
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Jeudi 23 juin 2011 4 23 /06 /Juin /2011 21:59

Pater 3

Pater est un film délicieux mais dangereux si vous allez le voir le ventre vide. Ce fut mon cas. Ayant pris une demi journée de congé exprès pour, je me suis rendu au plus vite à la séance de 13h30. (56 personnes m’avaient précédé lors de la précédente et toute première séance) Je n’ai pas pris le temps de manger.  Erreur. Durant les 2/3 tiers du film, les personnages / acteurs / protagonistes / filmeurs / acteurs passent leur temps à manger et à boire du vin. Délicieux supplice. Dès le film terminé, je me suis accroché au premier comptoir venu pour ingurgiter un gigantesque sec-beurre-ballon-de-côte. Ouf …. J’ai pu repenser au film sereinement.

C’est l’histoire d’une relation entre Alain Cavalier et Vincent Lindon, entre un président de la République et un premier ministre qui finit par vouloir lui prendre sa place, entre Cavalier qui joue au président et Lindon qui joue au premier ministre. C’est une fiction qui nous rappelle parfois une réalité politique navrante. C’est un documentaire sur la fabrication de cette fiction. C’est tout ça à la fois. C’est simple et limpide. Léger. On passe de l’état d’enfance qui joue : « on dirait que je serai le président et toi le premier ministre. On mettrait de beaux costumes et de jolies cravates. Montre-moi tes cravates, je vais m’en choisir une », à celui de l’adulte « qui s’y croit » et se prend au sérieux. C‘est comme ça tout le long du film. On jubile. Oui c’est ça. C’est un film jubilatoire. Un film qui donne faim, qui donne envie de voir et de faire des films. Un film vivant.

vin pater

Alain Cavalier dans la débâcle :  

Alain Cavalier, l'ouvrier qui a récupéré son outil (vidéo)

"On parait être à côté du récit et en fait, on est dedans" (vidéo)

Irène d’Alain Cavalier ou la réalité augmentée.

Par Eric PETIT
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Lundi 20 juin 2011 1 20 /06 /Juin /2011 14:06

kusturica

Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra à LaDéfense

Samedi 25 juin, le grand Emir et sa bande de givrés viennent mettre le souk au Festival Jazz La Défense. à 2o heures sur l'esplanade ... et c'est gratuit.

Pour se mettre dans l'ambiance .... Unza, unza time !

Par Eric PETIT
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Samedi 18 juin 2011 6 18 /06 /Juin /2011 11:53

              3 singes

Le passage au digital n’a pas toujours été vécu comme un drame par les cinéastes tripoteurs de pellicule.  J’en ai eu confirmation en lisant le journal que Nuri Bilge Ceylan a rédigé pendant le montage de son film Les Trois singes (2008) et dont voici quelques extraits.        

                                               montage bureau

                                                                         Ceylan monte Les Climats (2006)

1er jour

Ca y est. Nous avons commencé le montage aujourd’hui. Nous sommes trois ; Ayhan Ergüsel, avec qui je travaille depuis mon premier film et à qui je n’ai même pas besoin de parler lors du montage, Bora Göksingöl de chez Imaj, qui avait attiré mon attention lors de la post-production des Climats par son intelligence pratique et son amabilité, et moi. Ayhan ne sait pas se servir d’un ordinateur et moi je ne connais pas le logiciel Avid. C’et un peu pour cela que nous avons demandé à Bora de nous rejoindre. Il va m’apprendre à utiliser Avid par la même occasion.

Voilà, ça n’est pas plus compliqué. La suite de ce passionnant journal de montage est dans la même tonalité. Tout parait simple. Même lorsque ça coince gravement sur certaines séquences et que les solutions paraissent difficiles à trouver, on est loin de l’image de l’artiste torturé, perdu dans les affres de la création. C’est aussi, et surtout, que le cinéaste turc a la maîtrise du sujet, du film. Il sait où il veut aller, en tout cas, où il ne veut pas se laisser embarquer. Ca semble si facile de monter un film. Pareil, quand on voit jouer Roger Federer. Trop facile le tennis …

Le montage numérique, que l’on a longtemps qualifié de virtuel, renforce cette impression de légèreté, de fluidité, de facilité. Pas de grandes manipulations. Plus de grosses machines, Plus d’assistants, plus de chutiers, plus d’atelier …  (moins de charme peut-être). Ceylan peut monter ses films chez lui ou au bureau. Il suffit d’un ordinateur costaud et équipé.

10ème jour

J’arrive au bureau à 7 heures du matin, deux heures avant Ayhan et Bora pour revoir, seul et l’esprit reposé, ce que nous avons fait la veille. Tout me parait clair comme de l’eau de roche.

                            carnet de montage                                                          Une activité qui n’empêche pas de vivre.

11ème jour

Le samedi, je joue au tennis avec Mehmet Erylmaz. En dehors d’un tournage, nous essayons de ne jamais manquer ce rendez-vous.

12ème jour

Après le tennis, nous nous sommes baignés dans le Bosphore. Il faisait frais, mais l’eau n’était pas froide. (…) A mon retour, je me remets tout de suite au montage. La scène du bureau est complètement entremêlée. Je n’aurai pas la paix tant que je ne lui aurai pas trouvé la solution.

La lecture de ce carnet de montage nous apprend beaucoup sur le tournage. Ceylan tourne la plupart du temps plusieurs versions des scènes pour se laisser plus de choix, de possibilités. C’est sa méthode.

Cette fois nous avons beaucoup de matière première : 150 cassettes HDCAM remplies. Cela fait environ 115 heures. Si l’on compare avec les 90 heures pour Les Climats, tourné aussi en HD et les 14-15 heures pour Uzak, Nuages de mai et Kasaba, tournés en 35 mm, le montage de celui-ci parait être plus difficile.                       

                 tournage

                                                                            Tournage des Climats avec Nuri Bilge Ceylan et sa femme Ebru

19ème jour

Je n’ai pas réussi à dormir cette nuit. Je songeais à diverses choses. Ma mère, mon père, ma famille … Le tennis et la mer me font du bien.

Le travail de montage fait perdre totalement la notion du temps réel. On est dans un autre rythme, une autre vitesse.

26ème jour

Ugur Yucel a appelé le soir. Lorsque je suis sorti pour aller le rencontrer dans un café à Beyoglu, une grosse pluie s’est abattue brutalement. J’étais trempé lorsque je suis arrivé dans le café. (…) Nous avons mangé ensemble. On a pas mal bu aussi. Lorsque je suis revenu vers minuit, je me suis remis au travail. J’en étais resté à un endroit captivant. Je ne me suis pas arrêté avant d’avoir terminé une version de la scène de la dispute. Je pense que le résultat n’est pas mal du tout. Lorsque j’ai fini, il était 7 heures du matin. Je n’ai rien vu passer.

55ème jour

Nous sommes soulagés de commencer à voir le bout. Nous avançons tout en polissant les scènes sur lesquelles nous avons des doutes.

recompense  palmé à Cannes (2011)  Grand prix du jury, ex-equo avec Le Gamin au vélo des frères Dardenne

56ème jour

 Ce matin nous avons terminé la troisième version à 10 heures. Nous avons appelé Ebru pour le visionnage. (Ebru est tout à la fois sa femme, sa scénariste, parfois son actrice et la maman de leur fils). Elle s’est montrée positive en général. J’ai été impressionné par son attention. Les remarques de Bora et Ayhan sont positives aussi. Tout le monde est d’avis qu’il n’y avait presque rien à modifier.

57ème jour

A 16 heures, nous sommes allés à l’anniversaire des ma nièce. Toute la famille était là. Ayaz, notre fils, a joué avec les autres enfants jusque tard dans la nuit. J’aime me retrouver en famille autour des enfants …

ebru

 Nuri Bilge Ceylan est un cinéaste turc né en 1959.

  • 1995 : Koza
  • 1998 : Kasaba
  • 1999 : Nuages de mai
  • 2002 : Uzak  Grand Prix du jury et un double Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 2003
  • 2006 : Les Climats
  • 2008 : Les Trois singes Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2008
  • 2011 : Once Upon a Time in Anatolia  Grand Prix du jury au Festival de Cannes 2011

Son site: http://www.nuribilgeceylan.com/    

et celui d'Ebru Ceylan, qui est aussi une photographe passionnante:

http://www.ebruceylan.com/

             

Nuri Bilge Ceylan  dans La débâcle des horizons:        Couples, fins de parcours, fictions du réel, images et lectures

Par Eric PETIT
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