un cinéma à renouveler

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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 10:39
                                                          

Finalement, c'est assez drôle une séance de cinéma 3D. Enfin, ça amuse beaucoup les adultes de mettre ces horribles lunettes au bout du nez, après les avoir soigneusement nettoyées avec la petite lingette offerte par l'exploitant.
"Mets-les, toi, pour voir", "Ouah! ça te va bien", "attends je vais te prendre en photo avec mon iPhone". Les enfants, eux, ne semblent pas plus excités que ça, pas même émus. Faut dire qu'ils sont là pour le film, voir le troisième volet de L'âge de glace. Ces histoires de 3D, de lunettes, ça les gaverait presque. Et puis tous ces adultes dans la salle... pfff.
Les parents sont là, impatients de voir pourquoi ils ont payé 3 euros supplémentaires pour le relief... veulent en avoir pour leur argent. Il a bien fallu faire attention en regardant le programme, pour ne pas se tromper de salle. Seuls 27 % des copies distribuées sont en 3D. Il semble que ce ne soit qu'un gadget supplémentaire. Le film peut se suffire à lui-même. L'âge de glace 3 est une bonne histoire bien sympathique pour laquelle on prend du plaisir, relief ou pas. D'après le distributeur français du film: "C'est un plus mais, pour que cela marche, l'élément le plus important reste la qualité du film". On sort doucettement du phénomène de foire, de l'attraction spectaculaire. Tant mieux.
Pour L'âge de glace, sur les 9 premiers jours la version 3D(source Ecran Total) représente 25 % des entrées.
Le développement du relief et les tentatives et autres expérimentations faites autour seront-ils suffisants pour faireressortir les gens de chez eux, leur faire lever le nez de leurs petits écrans ?
Pour ma part, j'attends la prochaine occasion de chausser les lunettes avec impatience.


lire aussi: le relief était presque parfait

Par Eric PETIT
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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /Août /2009 09:46
Pas un journal, une revue qui ne célèbre les 50 ans de la Nouvelle vague en posant l'inévitable question: qu'en reste-t-il ? Vieux débat, vieille discussion de comptoir pour ceux qui veulent refaire le monde du cinéma. Début des années 80, c'était déjà le sujet écrit de l'examen de passage en seconde année lorsque j'étais étudiant au Conservatoire Libre du Cinéma (16/20, tout de même ...). J'ai toujours pensé que cette courte période de l'histoire du cinéma avait été un des derniers soubresauts de ce qui a été considéré, à tort ou à raison, comme un art. 7ème du nom.
Avec ces films que j'ai véritablement découvert qu'il existait d'autres formes de récits filmiques que ceux que j'ingurgitais chque dimanche soir devant le poste de télévision familial.
Belmondo a été un fantastique passeur d'un cinéma l'autre. Si je faisais inconsciemment la différence entre un Verneuil et un Melville, je ne pouvais pas imaginer qu'il puisse exister un autre Belmondo, libre, presque sauvage. Celui que j'ai découvert dans
Pierrot le fou, un soir de ciné-club sur la deuxième chaîne de notre écran (encore) noir et blanc, m'a fait  perdre tous les repères que j'avais mais m'a, dans le même coup, ouvert des horizons que je n'avais jamais imaginés. Ce film, que je n'ai sans doute pas pu apprécier correctement (petite télé noir et blanc pour un film en scope où l'utilisation de la couleur est importante, âge un peu juste du petit spectateur pour entrer dans l'histoire) ... ce film, je disais, m'a fait l'effet d'un grand souffle d'air frais déstabilisant à souhait.
A partir de là, j'ai ramé à contre courant, remonté le cours de l'histoire pour arriver aux films de la Nouvelle vague.
Pierrot est né en 1966 et Les 400 coups datent de 1959. Avec ces films j'ai eu l'impression de commencer ma vraie carrière de spectateur. De passer du statut d'amateur à quelque chose de plus sérieux, plus officiel. Je me suis goinfré, j'étais dedans jour et nuit. J'habitais en plein Montparnasse, rue Delambre, là où la Cléo de Varda va au cinéma, à deux pas de la rue "Première Campagne". A trois minutes du jardin du Luxembourg où j'ai passé des journées entières à lire et à rêver aux films que je venais de voir, à ceux que je n'avais pas encore vus et à tous ceux que je ne ferai jamais.
Des années d'existence m'ont obligé à prendre du recul par rapport à cette période bouillonnante et à toutes ces histoires quasi mythiques. Et puis Pialat est venu s'intercaler entre eux et moi.
J'ai revu dernièrement
Paris nous appartient. Ce n'est plus la même chose. Aujourd'hui quand je vois un de ces films, je regarde les voitures, les objets, la façon de parler, de s'habiller de l'époque. J'éprouve encore beaucoup de plaisir, mais il est différent. Il y a de la nostalgie en plus. Nostalgie: du grec nostos / retour et algos / douleur.  J'ai un regard d'historien. J'ai trop de recul. Je suis à côté, plus dedans. J'habite toujours le 14ème mais à deux pas de la banlieue. Mes préoccupations sont différentes. Quand il m'arrive de traverser le Luxembourg, je m'aperçois que la magie ne fonctionne plus, que tous les garçons ne s'appellent pas forcément Patrick et que ça fait belle lurettes que Charlotte a quitté son Jules. Les journalistes ont déjà préparé la nécro de Pierrot-Ferdinand. Mais tout de même ... quel souffle ces jeunes bobos d'il y a cinquante ans ont su amener au cinéma français... Je crois qu'il n'en reste pas grand chose. Leur influence n'a pas toujours été très bonne, on a cru que le cinéma était chose facile ... erreur fatale. Le cinéma n'existe plus aujourd'hui.
Par Eric PETIT
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Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /Juil /2009 15:57
une semaine de cinéma (4)

Lu,

Jacques Audiard, réalisateur palmé, interviewé par Technikart.
- au sujet du numérique:
"Mais je n'ai pas encore lu des gens qui auraient réfléchi à l'essence de ce que l'on appelle encore "cinéma" par défaut du lexique. Avant l'irruption du numérique, le cinéma était la garantie du réel, la garantie que ce qui était sur la pellicule avait existé. Maintenant, ce n'est plus le cas. Donc, au sens strict, le cinéma n'existe plus."
- au sujet de la sortie de "2001, odyssée de l'espace" en Blu-ray et du très mauvais rendu des images:
"C'est que les mecs qui ont fait les Blu-ray n'ont rien compris à l'enjeu de Kubrick. Ce devait être des fétichistes de la technologie. Il faudrait les crucifier, ah ah ah !"
- au sujet de la Cinémathèque:
"C'est pareil pour ma pratique de la Cinémathèque. Pour moi, c'était l'extension des salles de quartier, pas un musée ..."

Chiné,
à la brocante cinéma organisée dans le cadre du Paris Cinéma Festival.
J'y ai vu la première caméra super8 que j'ai possédée, achetée d'occase à un pasteur américain quand j'avais 14 ans. Vue aussi la mythique Eclair 16, la caméra conçue par André Coutant en 1960. Un appareil qui a joué un rôle très important dans la façon de filmer. La Nouvelle Vague l'a beaucoup utilisée puis la télévision. Le pilotage par quartz permettait une parfaite synchronisation du son. J'imagine que Maurice Pialat a tourné "La maison des bois" avec ce magnifique engin. J'ai eu la chance d'avoir à veiller sur elle sur le tournage d'un court-métrage pour lequel j'étais assistant-cadreur. Quand on lui enlevait le magasin qui contenait la pellicule, on avait l'impression qu'il ne restait plus rien. Toute maigre, tou te malade.
Comparée aux petits bijoux techno-numériques d'aujourd'hui, la Coutant nous parait un drôle objet venu de la nuit des temps.












          
Jubilé,
en découvrant "J'ai engagé un tueur" d' Aki Kaurismäki sur grand écran.
Je m'étais toujours interdit de voir ce film lors de ces différentes diffusion à la télé, en attendant l'occasion de le voir en salle. Ma patience a été récompensée. Film drôle et émouvant. Avec peu de dialogues.
Jean-Pierre Léaud (qui était à l'honneur au Festival Paris Cinéma) est un prodigieux acteur comique.
On y retrouve le grand Joe Strummer, l'inégalé Serge Reggiani. Tous les deux morts au champ d'honneur.
Oui, je sais, c'est un vieux film, 1990. Je suis vite aller à la médiathèque me prendre un bouquin sur ce cinéaste finlandais (ou finnois, je n'ai jamais su comment il fallait dire). Je vais découvrir. C'est ma prochaine exploration, ma nouvelle découverte.

Aperçu,
de la pub pour le film de Tarantino dans une gare parisienne.
Pas sûr d'avoir envie de le voir. Trop entendu parlé. Ce film a existé bien avant qu'il soit tourné. Le buzz a commencé beaucoup trop tôt. Scénario en ligne avant tournage, rumeurs sur les interprètes, bandes annonces, extraits ...  Les films ont tendance à vivre de plus en plus longtemps avant d'exister. Par contre leur vie en salle est de plus en plus courte. Paradoxe du marketing.






Vus,
de drôles d'objets dans un hall de cinéma.
Des espèces de boîtes rondes métalliques empilées et étiquetées.
Je demande à la caissière. Elle me dit "mais monsieur, ce sont des films".
Je me suis souvenu de ce que disait Truffaut au sujet des cinéastes qui n'étaient pas assez costauds pour porter leurs films dans les bras... Dire que toute l'oeuvre complète de Pialat (courts-métrages et films télé compris ) ne prend que 18 centimètres de largeur sur mes étagères. J'ai mesuré avec une règle d'écolier.
 


















une semaine de cinéma (1)
une semaine de cinéma (3)
une semaine de cinéma (2)

 
Par Eric PETIT
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Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /Juil /2009 11:40
Il est convenu de dire que le cinéma, en tant qu'art, en tant que moyen d'expression par l'image, a beaucoup perdu avec l'arrivée du son et notamment du parlant. C'est convenu, certes, mais c'est loin d'être faux.
Petite leçon d'étymologie pour faire savant:
kinêma, mouvement, en grec, et, graphein, écriture, dessin ou image, toujours en grec. Car aux origines, on parlait de cinématographe.
Ecrire avec des images. Le film absolu. Captiver le public, lui raconter une histoire sans paroles, sans bavardages ... Le rêve de tout cinéaste. Le cinématographe muet a su traîner les foules, encore joyeusement naïves, dans les salles obscures appelés déjà théâtres cinématographiques. Pressentiment, mauvais augures. Le théâtre filmé allait prendre le pouvoir. Mélies, entre autres, ne s'en remettra jamais.
Le retour des films en relief peut-il avoir la même répercussion que l'apparition du parlant dans l'histoire du 7ème art ?
Faudrait-il, peut-être, se demander aussi, si la 3D peut réellement faire son trou ?
On sait que les premiers essais de cinéma stéréoscopiques datent de la fin du XXIXe. Recherche technique, expérimentation. Rien de plus. Aujourd'hui les films en relief, on les voit chez Mickey et dans les parcs d'attraction.
Phénomène de foire comme au début du cinématographe.
Dans les années 1950, une forte baisse de la fréquentation des salles a favorisé l'émergence de lunettes cartonnées avec oeil rouge et oeil bleu dans les salles de projection.  Hitchcock en tête, les auteurs les plus reconnus ont tâté du phénomène. Il fallait bien lutter contre la télévision. L'invention du cinémascope a fait revenir les spectateurs et les films en relief ont vite été rangés au rayon des curiosités.
Aujourd'hui Spielberg, Burton, Cameron, Dante semblent vouloir se lancer à leur tour dans la 3D. Il faut bien lutter contre tous ces petits écrans qui empêchent les gens de sortir de chez eux. Sauf que .... il se pourrait bien que nos télévisions, nos ordinateurs et nos consoles de jeux soient bientôt en mesure de se la jouer 3D à leur tour.  Au Japon, une chaîne diffuse une heure de programme 3D chaque jour.
Le relief a un coût, forcément. Il faut compter 20 % de plus pour une production et les exploitants font leur mauvaise tête. Qui doit payer les lunettes ? Qui va financer les nouveaux systèmes de projection ? Doit-on faire payer le spectateur plus cher encore ? On sait que pour la sortie de "Là-haut", le film de Pete Docter et Bob Peterson présenté au dernier Festival de Cannes, bon nombre de directeurs de salles ont opté pour une diffusion 2D pour ne pas augmenter leurs tarifs.
L'autre vraie question qui se pose est de savoir si la 3D peut dépasser le phénomène de foire, je veux dire, dépasser la barrière du sensationnel. Une fois l'effet de surprise passée, quelle différence peut-il y avoir entre un film en 3D et un film "plat" ? Existe-t-il une esthétique de la 3D ? Le relief peut-il autant servir l'image réelle que le cinéma d'animation ?  
Beaucoup de questions se posent encore autour du phénomène. La 3D va-t-elle sauver le cinéma ou remplacer le cinéma classique ou encore simplement compléter l'offre ? La projection 3D correspond-elle aux nouveaux modes de consommation des images actuels ? La projection en salle tend à disparaître. L'attrait pour la 3D sera-t-il assez puissant ? Impossible de répondre aujourd'hui. On sent que quelque chose fourmille. Le son et la couleur n'ont pas eu besoin de plusieurs tentatives pour s'imposer. La 3D a déjà eu le droit à plusieurs essais. Saura-t-elle le transformer, cette fois-ci ?

Russ Meyer n'a pas eu besoin de la 3D pour donner du relief à ses films ...
Par Eric PETIT
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Dimanche 21 juin 2009 7 21 /06 /Juin /2009 10:12

Pendant que nous vaquions à nos petites affaires, l'ami Sergueï en a profité pour nous "introduire" quatre nouvelles leçons de cinéma: l'incrustation, le montage parallèle, le split screen et le plan américain.
Hommage à Méliès, Leone, Eastwood, Pierrot le fou ...
Toujours aussi réjouissant.


pour rappel  la leçon sur le son: La nouvelle leçon de cinéma de Sergueï

mais aussi, les précédentes: 2 nouvelles du web

Par Eric PETIT
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 19:05
une semaine de cinéma (3)

Croisée,

Anna Karina, avec son chapeau, ses lunettes noires, rue de Buci, au bras d'un homme mal rasé mais pas celui qu'on aurait pu croire. Dans la rue d' à côté, Jean-Luc vendait des produits du sud-ouest.

Espionné,
un type qui regardait un film dans le métro sur sa TMP, sa télévision mobile personnelle. On était plusieurs à se contorsionner pour regarder par dessus son épaule pour essayer de voir ce qui pouvait bien le captiver. Sans doute une série US. C'est fait pour ce genre d'images la TMP. Il n' y a, pour l'instant, que les asiatiques qui y ont mordu. En Europe les opérateurs et autres fournisseurs de contenus n'arrivent pas à s'entendre. Ça bloque le système.




Visionnés,
des films sur grand écran tournés avec des téléphones portables par les étudiants de la Femis au Festival Pocket Films. Pas encore convaincu. Trop de "bonnes idées", pas assez de contenus contenant du costaud. Ça viendra bien un jour.


Découvert,
en faisant mes courses au supermarché, qu'on pouvait gagner des films en buvant de la bière. Formidable !

Perdues,
quatre heures de travail sur mon logiciel de montage. C'est trop facile. On sait qu'on peut  refaire ce qui ne convient pas. Alors on fait des trucs et des machins. On met des sons, on colle des inserts, on fait des chouettes faux-raccords comme dans les films des années 60. On se prend pour un artiste. On pense pas, on crée. Et le lendemain, quand on regarde le résultat ... beurk ... On efface tout.
On se dit que si on avait réfléchi un tout petit peu avant de s'y mettre, comme quand on faisait des coupures et des collures définitives ... Le numérique, c'est pratique, c'est magique mais ça peut fait perdre du temps.





une semaine de cinéma (2)

une semaine de cinéma (1)
Par Eric PETIT
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Samedi 20 juin 2009 6 20 /06 /Juin /2009 16:02
Un petit papier jaune collé à un lampadaire dans la rue, devant chez moi. Comme un message personnel qui m'aurait été adressé par quelqu'un qui me connaît. Je suis passé devant plusieurs fois, sans le voir, les premiers jours. Il m'a ensuite attiré l'oeil (la couleur sans doute), sans m'arrêter. Il a fallu un orage nocturne, une pluie diluvienne. De violentes trombes d'eau m'ont réveillé. Je ne sais pas pourquoi, j'ai repensé à ce petit papier jaune entr'aperçu. Je me suis dit que la pluie allait forcément le décoller du poteau, que les bourrasques allaient l'emporter que je ne saurai jamais ce qu'il y était écrit. La pluie est tombée longtemps. Je me suis rendormi.
La première pensée matinale a été pour ce petit papier jaune. J'ai bu mon café à la hâte, je me suis habillé et je suis descendu dans la rue. Il était toujours là. Miracle des loups ! Un peu délavé, un peu déchiré, mais lisible. Une invitation pour aller au cinéma. Une association du quartier qui organise des projections. Et quel film ! Un Cassavetes que je n'ai jamais vu, introuvable en DVD, jamais repris au cinoche. Quelle chance. le voir enfin et sur grand écran ! Courageux petit papier jaune qui a résisté à la tempête. C'était donc bien un message personnel. mon cinéaste américain préféré, un film après lequel je cours depuis si longtemps. Mais ... la date ... bollocks en bois ! passée de  deux jours !. Terminé, foutu ... dans l'os. Je m'en voudrais jusqu'à la nuit des temps.
Chaque jour je regarde bien tous les messages qui viennent s'agglutiner dans ma boîte aux lettres électronique: festival, cinémathèque, films en ligne ... autant de propositions, d'invitations. Mais là ... j'ai snobé le petit papier jaune et je suis puni.
Tout de même, faut être un peu poète pour lancer comme ça, au hasard, des messages dans les rues de la ville. Ciné-club, ciné-quartier, avec débat.Comme avant le numérique. Les derniers indiens ... Je veux voir ça. Promis, j'irai la prochaine fois. Je vais guetter les petits papiers accrochés au vent dans ma rue. Je veux pas louper.
Par Eric PETIT
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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /Juin /2009 10:57

Il m'arrive de revivre certaines scènes de films pendant mon sommeil. Le cinéma en rêve n'est pas toujours fidèle. Ce sont toujours des séquences brèves et qui ne sont pas forcément dans le film original. L'expérience est à coup sur troublante et me donne envie ... je dirai même .... m'oblige à revoir le film rapidement. Pour vérifier. Pour revivre mon rêve. Une drôle de confusion entre deux mondes virtuels.
La nuit dernière, je me suis retrouvé dans le dernier film d'Ursula Meier avec Huppert et Gourmet. Souvenez-vous, j'avais un peu causé de ce film dans ce p'tit blog, dans un billet intitulé:
Antoine et Ursula vont au cinéma. J'avais eu l'impression que le récit était destiné à la télévision et j'avais exprimé ma déception au sujet de la dernière scène. C'était une impression "à chaud", qui n'engage que moi. L'histoire poignante de cette famille accrochée à sa maison, à son territoire, à sa petite planète est extrêmement forte et j'étais resté sur ma faim quant à la mise en scène. J'ai beaucoup aimé ce film mais j'aurais voulu l'aimer plus encore. Malgré un marketing discret et une promotion raisonnable, les résultats au box-office se sont avérés encourageants
Home, c'est l'histoire d'une famille accrochée à son lieu de vie, une maison isolée dans la campagne, au bord d'une autoroute abandonnée ou qui n'a jamais été mise en service. Cette voie rapide fait partie intégrante du territoire familial et le jour où l'on annonce sa mise en service, la tribu commence à exploser. Les relations entre les différentes membres du clan se détériorent et le chaos s'installe petit à petit.
Voilà un film humain qui ne regarde pas les gens de haut. Ici, l'homme (et la femme bien-sur) n'est pas coupable. Il subit et se débat pour sauvegarder, non pas son territoire, mais ce qui lui parait être l'essentiel, les relations avec les siens. Home est un film qui ne donne aucune leçon prétentieuse. Il regarde vivre les hommes. Il les voit s'aimer, se déchirer, souffrir, prendre du plaisir, se retrouver. Si cette famille se bat pour préserver son territoire, pour s'isoler du tumulte du monde extérieur, c'est pour mieux rester en vie, ensemble.

La force de Home est dans sa sobriété. Tout y est retenu. Les sentiments ne dégoulinent pas entre les personnages même si nous les devinons forts et indestructibles. Home est un film étonnant qui n'utilise aucun poncif, qui ne répond à aucun courant de pensée démago, qui ne caresse jamais le spectateur dans le sens du poil. Et même si à la fin du film,  la mère défonce l'entrée de la maison à coup de hache, Home n'enfonce aucune porte ouverte. Il laisse des traces, des empreintes dans notre mémoire. Home est un film utile qui nous fait réfléchir parce qu'il est intelligent.
Le bref rêve que j'ai fait cette nuit s'apparente plutôt au cauchemar. Je voyais la silhouette d'adolescente de la magnifique Isabelle Huppert courir le long de l'autoroute poursuivie par un hélicoptère. Penché dans le vide, juste au dessus d'elle, un homme moustachu la mitraillait. Les images étaient floues et je n'ai pas pu distinguer s'il s'agissait d'une arme, d'un appareil photo ou d'une caméra. Quel effroi ... j'en ai encore des frissons dans le dos.

la bande d'annonce de HOME c'est:  ici
mon empreinte écologique

                                                                             
ps: attention, un film homonyme est sorti cette semaine au cinéma, sur internet, à la télévision, sur mon téléphone portable, sur le blakberry de mon patron, sur les écrans de surveillance du métro, sous la tour Eiffel, sur le toit des cabanes des bidonvilles de Bombay ... enfin un peu partout. Mais il n'a rien à voir avec l'émouvant film d'Ursula Meier, dont on attend le prochain opus avec impatience.  Home, le vrai, n'est plus visible en salle mais est disponible en DVD. Achetez-le, c'est pour la bonne cause du cinéma.
L'autre Home, usurpateur, n'est qu'une opération publicitaire dans laquelle l'être humain n'est pas montré. Normal dans l'histoire, c'est le coupable. On ne voit jamais le visage d'un inculpé pendant son procès. On ne sait jamais, son visage pourrait laisser échapper un peu d'humanité ...

Par Eric PETIT
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 21:57
Comme tout le monde je m'endors souvent devant la télé, le soir, après une grosse journée de boulot. Vendredi dernier, j'ai regardé deux films de suite, en m'assoupissant de temps à autres et en loupant quelques scènes. Finallement, l'expérience fut passionnante. J'ai fait un peu de montage, j'ai créé des ellipses. Ce n'est pas toujours facile de comprendre l'intrigue quand on a deux ou trois trous à combler, mais ça fait travailler l'imagination. L'autre soir j'ai donc enchaîné Le voyeur (Peeping Tom) de Michael Powell et La pianiste, d'un autre Michael, Haneke, l'Autrichien. Deux films, deux histoires, deux époques (1960-2001), deux styles, deux personnages joués par deux acteurs sans points communs, Carl Boem et Isabelle Huppert.
Dans le brouillard de mes somnolences, les deux films ont fini par se mélanger. J'en suis venu à imaginer la rencontre entre les deux psychopates des deux histoires. Quel choc !
D'un côté un caméraman voyeur et tueur aux prises avec un passé douloureux et traumatisant. Un père chercheur en psychiatrie qui a expérimenté sur son fils Mark (le héros du film), l'apprentissage de la peur. De l'autre une femme d'une quarantaine d'années, Erika, professeur de piano, vivant avec sa mère, subissant depuis toujours les coups de celle-ci, à la recherche d'une sexualité impossible. Deux névroses obsessionnelles qui se sont mêlées dans ma lutte contre le sommeil. Rencontre explosive ou apaisement des souffrances. Plusieurs fins possibles à cette histoire improbable. Imaginons plutôt une scène fulgurante dans laquelle Mark, le voyeur-tueur-filmeur met fin aux tourments de l'un et de l'autre, en embrochant Erika, la pianiste-masochiste avec sa caméra-baïonnette. Une séquence d'un romantisme mortel et foudroyant.
On sait aujourd'hui que Haneke a reçu une nouvelle récompense cannoise des mains d'Isabelle Huppert, la magnifique actrice de
La pianiste. Certains y verront peut-être du copinage. Nous en reparlerons quand nous aurons vu le film. Quant à Powell, on sait que Le voyeur lui a causé moultes tracas et a même failli mettre fin à sa carrière de réalisateur. Le film jugé trop violent et trop pervers, a été retiré de l'affiche une semaine après sa sortie.
En faisant quelques petites recherches biographiques, j'ai découvert que Powell racontait que son père tenait un hôtel dans la ville où j'ai grandi. Il dit aussi qu'il y a vu un film qui avait comme vedette Georges Carpentier, célèbre boxeur de l'époque. C'était d'après lui en 1920 ou 21. C'est de cette projection que serait, pour ainsi dire, parti la carrière du petit Michael. Son père voyant l'intérêt que son fils portait au cinéma, lui fit rencontrer le réalisateur du film Léonce Perret, afin de faire un bout d'essai comme comédien et ... tout aurait commencé là. Powell a certainement vu le film sur Carpentier dans cette vieille salle, aujourd'hui disparu, où j'ai assisté à ma première séance de cinéma, quelques dizaines (5, au moins) d'années plus tard. (on peut lire le billet dans lequel j'évoque ce cher et émouvant souvenir). Mais rien n'est moins sur. Personne ne peut m'empêcher d'imaginer ça. Je l'imagine tellement fort que j'en suis persuadé. Pareil pour Erika et Mark ... je suis certain que ces deux là se sont rencontrés ... entre deux de mes ronflements.
Par Eric PETIT
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 13:22
Une semaine de cinéma (2)
Attention ! Une image du festival 1984 s'est cachée dans cette série. Essaie de la retrouver !
































































une semaine de cinéma (1)
Par Eric PETIT
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Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 21:42
Je crois bien que "Papa est en voyage d'affaires" aura la palme d'or. C'est un film de 1985 qui a déjà reçu la récompense suprême. Chaque année, parmi les films que je vois pendant la quinzaine cannoise, je décerne ma p'tite palmette à moi. Au film qui m'a le plus marqué. C'est une coutume strictement personnelle et je m'y tiens. Et donc là, ça tombe sur ce magnifique film de Kusturica. Deuxième palme d'or pour le film d'Emir le Serbe. Du jamais vu !
Je découvre ce cinéaste, j'avale ses films, je lis ses propos, je me renseigne autour.

Que je vous dise ... J'ai vécu un trou noir dans ma vie de cinéphile. Une vingtaine d'années sans voir un film, ou presque. De longues années de désintéressement total. Plus envie. Et puis un jour, le désir est revenu. Une deuxième vie de cinéma. Quel vertige ! Des territoires entiers à défricher... Vingt ans à vivre d'un coup. Me déniaiser sur Lynch, Burton, Kusturica, Cavalier, d'autres ... et d'autres à découvrir. Je suis comme les convertis, je me lance à corps et à coeur perdus. Je n'ai pas de modération, pas de limite. Tous les prétextes sont bons.
Je reviens d'un court séjour en ex-Yougoslavie. L'occasion de me plonger dans Kustu.
En deux semaines je me suis immergé dans l'histoire récente de cette région de l'Europe, de la mort de Tito à aujourd'hui. L'Europe authentique, pas celle de Bruxelles. "
Underground" a été un des éléments qui m'a le plus aidé à comprendre la guerre en Bosnie. Ce superbe film aux accents felliniens est beaucoup plus clair que tout ce que nous avions pu entendre à l'époque, des journalistes, historiens et autres "spécialistes".
Parce que je reste persuadé que le cinéma n'a aucun intérêt, seul. Ce qui nous importe, c'est cet espace flou, indéfinissable qui se glisse entre un film, une histoire, l'univers d'un cinéaste et nous-même. On n'aime pas les choses par hasard. Et le hasard est très malin ... Les films nous accompagnent, nous aident à vivre ou à survivre, à comprendre les gens, les événements.
Le hasard a fait aussi que je suis tombé tout récemment sur un petit bouquin passionnant, écrit par un homme né au moment où Kusturica tournait "
Papa est en voyage d'affaires". Gauthier Jurgensen est un passionné de cinéma. Il nous raconte sa vie au travers de quarante films qu'ils l'ont marqué.
"
J'ai grandi dans des salles obscures" est un petit exercice subtil que nous pourrions tous faire et que le docteur Orlof a fait à sa manière. Le dr Orlof tient une chronique bien sympathique sur un blog modestement intitulé: "le journal du dr Orlof". Un médecin des âmes qui a de saines préoccupations. Début avril, il nous a gratifié d'une liste de films qui ont jalonné sa vie. Avec humour il égrène, non pas les films qui lui paraissent les plus intéressants ou les mieux réalisés mais ceux qui l'ont marqué, ceux qui ont compté pour lui parce qu'ils sont arrivés à un moment précis de son existence. Promenez-vous sur son blog. Lisez le bouquin de Jurgensen. Vous verrez que la cinéphilie ne sent pas forcément la naphtaline et la mort. Ça a même fichtrement à voir avec la vie.
En attendant, je vais me servir un grand verre de slivovic pour fêter la seconde palme d'or de Kustu. Santé !

lire aussi: Une simple faiblesse d’attention aux lignes profondes
Par Eric PETIT
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 10:19

Confronter les films et se placer entre. Proposer des morceaux d'histoires et laisser le spectateur les mettre en ordre pour créer ou revivre son propre récit. Le spectateur devient tour à tour scénariste, filmeur, monteur, projectionniste et redevient spectateur.
C'est ce que l'on pourrait retenir de cette belle expo proposée au Jeu de Paume (Paris) jusqu'au 7 juin.
Deux personnalités reconnues de l'art contemporain confrontent leurs travaux et leurs réflexions réunis autour de quatre concepts: l'Archive, le Non-verbal, la Machine et le Montage.
HF / RG: Harun Farocki / Rodney Graham.
Le parcours au milieu des installations vidéo ne nous laisse pas tout à fait intacts. Les quelques certitudes que nous aurions pu avoir se sont fissurées. Beaucoup de questions se posent et c'est bien agréable.
En vrac.
Suffit-il de se cacher derrière une caméra pour avoir un point de vue ?
Quelle différence y a-t-il entre un oeil et une caméra ?
L'oeil est-il une machine ?
La caméra est-elle un oeil ?
Une caméra de surveillance peut-elle créer de la fiction ?
Le travail est-il filmable ?
L'image peut-elle remplacer la parole ?
Les choses existent-elles si on ne les nomme pas ?
Est-ce que les arbres ont existé avant qu'on leur donne un nom ?
Les choses existent-elles si on ne les montre (filme) pas ?
Les événements existent-ils s'ils ne sont pas montrés ?
Un événement existe-t-il autant de fois qu'il a de représentation ?
Le films ne sert-il qu'à revivre ses rêves ou ses cauchemars ?
L'image parle-t-elle plus que la parole ?
Le virtuel tue-t-il la réalité ?
La fiction sublime-t-elle la réalité ?
Le bruit du projecteur est-il déjà de la fiction ?

On se laisse facilement porter par les différentes installations. On est au spectacle.
En vrac.
11 sorties d'usine - 11 décennies.
Des frappes chirurgicales.
12 fois la finale de la coupe du monde de foot.
Un gendarme royal du Canada en détresse sur un hydravion.
Un benchmark sur la fabrication des briques au Burkina Faso, en Inde, en France et en Allemagne.
La nausée d'un soldat US revivant la mort de son copain en Irak.
Une pluie d'étoiles dans une salle de cinéma grande comme une cuisine.
De jolies boucles de pellicule ondulant juste avant de se faire avaler par un projecteur.

Et puis toutes les autres histoires que l'on peut imaginer ...
                  pour plus d'infos  





Par Eric PETIT
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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 22:28

Chacun peut trouver sa part de plaisir en visitant l’expo Tati à la Cinémathèque française .

Les inconditionnels et les fétichistes de mon espèce sont servis. On y voit le véritable képi du Françoué avec la vraie besace pour faire « hélicoptère », (un peu défraîchi, mais toujours en vie), quelques lampions en papier-carton sauvés du tournage de l’été 1947, l’Oscar hollywoodien, le César parisien mais surtout et aussi une lettre manuscrite du fan Truffaut, un scénario original, un cahier annoté par la scripte et puis plein d’autres choses authentiques et émouvantes qui doivent laisser les néophytes de marbre. Pas grave. Les incultes ont bien de la chance. Il rentre par la grande porte dans l’univers de Jacques Tati. On leur explique, on leur stabylote l’essentiel, on leur montre en quoi ce grand monsieur dégingandé fût, non pas un visionnaire, non non non, mais le plus grand observateur de son époque. Et par chance cet homme attentif était un artiste, un vrai, un drôle, un exigeant, qui savait passer dans sa propre moulinette les aspects les plus excessivement ridicules de son époque. Style poète, quoi …..

C’est un parcours visuel et sonore que nous proposent Macha Makeïeff et Stéphane Goudet. Un voyage dans l’univers du père Tati. Visuel et sonore comme les films du grand Jacques. Pas de dialogues, pas de cimaises, peu de choses à lire. De l’impression, de la sensation. Et ça rigole à tous les coins de l’expo. Surtout devant les écrans, là, on voit les extraits de films. La nostalgie et la vénération ont finalement assez peu de place. Juste, comme je viens de le scribouiller, quelques objets laissée en pâture aux fétichistes. On passe de bons moments dans cette expo. On peut faire le tour une fois ou deux ou juste revenir à un endroit précis que l’on a un peu trop rapidement survolé. L’installation vidéo est plutôt réussie. Ce sont les leçons du professeur Goudet. Instructif, bien fichu avec des interviews de David Lynch, Otar Iosseliani, Michel Gondry, J.J Annaud, Olivier Assayas, Sempé, l’inévitable Jean Nouvel… On revoit des extraits de films, les clins d’œil à Tati dans les films de cinéastes admirateurs, un peu de biographie … Goudet est drôle. On s’installe sur les fameux canapés verts de la mère Arpel. Gros succès. Le reste est à l’avenant. Passionné, et passionnant. Allez-y comme vous voulez. De mauvaise humeur, bourré avec des copains, en famille, entre deux avions … peu importe … il y en a pour tout le monde. Évitez juste les heures de pointe. Tati n’est pas encore démodé. Profitons-en !

C’est en sortant de l’expo que l’on comprend l’ampleur et l’intérêt du travail du cinéaste. On a le regard changé … On se surprend à zyeuter les gens, les lieux, les choses différemment. L’effet est le même que quand on sort de l’un de ces films. Tati, c’est l’école du regard. J’aime ressasser ce qu’il aimait répéter: «  Si j‘étais ministre de l‘éducation, j‘imposerais 2 heures d‘observation obligatoires par jour ».
voir aussi: "La villa Arpel au 104. Tati chez les bobos" et "Tati, deux temps trois mouvements".
 
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Par Eric PETIT
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 22:37

                                  Partout Tati.                         La grande orgie Tati est commencée. On va en bouffer du Hulot, et pas qu’un peu. Et peut-être même qu’on va en redemander.

Je vous en avais déjà parlé le 1er février. J’ai des preuves …  
Des événements: une grande expo dédiée, des ballades, des ateliers, la villa Arpel reconstruite, des expos photos, un spectacle.

Des lieux: la cinémathèque de Bercy, le 104, le Musée des Arts déco, la FNAC, la Cité de l’architecture, le Théâtre de Chaillot.

Tous les détails sur le magnifique site:  http://www.tativille.com

Pour l’instant, je n’ai vu que la reconstitution de la villa Arpel au 104. Lieu branché , quasi vide et encore en travaux . Mais le voyage du coté de la rue d’Aubervilliers vaut le coup. On tourne autour de la villa, on n’y entre pas. De toute façon, on s’y sentirait aussi à l’aise que l’oncle Hulot. Autant rester à distance.

Voici les quelques photos que j’ai pu ramener de l'expédition.
Attention, une photo du vrai film s'est cachée dans cette série... Sauras-tu la retrouver ?




Par Eric PETIT
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 10:36

Les salles de cinéma ne désemplissent pas. Crise. Les gens ont besoin de distraction. Mais pas que…

Les films sont le reflet de leur époque. Dommage.

J’aimerais qu’ils prennent de l’avance, qu’ils m’aident à (pré) voir les choses, les évènements. Que je comprenne où on est, où on va. Anticipation.

J’ai vu deux films qui m’ont paru sortir un peu des sentiers battus et rebattus. Courageux.

« La journée de la jupe », « Gran Torino ». Deux icônes: Adjani, Eastwood. Du cinéma classique. Du vieux cinéma, comme avant.

Dans le premier, Adjani, peu crédible au début (ressemblant plus à Martine Aubry qu’à la belle Adèle H.), s’ancre dans le personnage, au fur et à mesure que la situation se dégrade, pour devenir tout à fait convaincante, voire même émouvante. Beau film, fort, inquiétant, qui prend le risque de sortir du carcan de la pensée molle obligatoire. Non, tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs. Oui, nous allons au devant d’affrontements inévitables. Pas rassurants pour un poil ….

Dans « Gran Torino » (film empreint d’un classicisme confortable pour certains, agaçant pour d’autres), Eastwood commence par se caricaturer . Si la carapace qui le protège du monde extérieur (les faces de citrons, notamment) laisse apparaître quelques fissures, jamais il ne dévie de sa ligne. L’ultime scène nous laisse à réfléchir sur  ce personnage apaisé en partie et à cet être humain perdu dans un monde trop petit. Une petite planète où l’on se trouve déjà à l’étroit, où l’on se cogne les uns contre les autres.

La fin d’un cycle terrestre. Paul Virilio le dit dans « Penser la vitesse », le documentaire de Stéphane Paoli que nous avons pu voir dernièrement sur Arte. Mais l’apocalypse dont il parle, ne lui fait pas peur. Il croit en Dieu. Il sera sauvé. Comme le personnage d’Eastwod dans « Gran Torino ».
L’homme est dépassé par sa propre vitesse. On est au bout du maximum. A l’ultime seconde du temps.

On ne peut plus croire à la réalité, il nous faut passer à autre chose, inventer un autre monde. Nos propres images ne nous intéressent plus. Il apparaît même qu’elles ne nous concernent plus.

Le festival Nemo, qui a leu lieu la semaine dernière, a permis de faire un point d’étape sur ces nouvelles images. Méliès aurait été fasciné. Inventivité. Virtuosité.

Ce n’est pas du cinéma. Ce sont des films. De l’expérience. La Formule 1 pour la Mégane.

Mais tout cela manque singulièrement de récit. Ça n’accroche pas l’âme. Ça titille les sens.

C’est un peu vain tout de même. Y a-t-il un nouveau langage ici ? J’ai cherché un lien qui ferait que quelque chose se dessine… Trop vieux, sans doute. Trop ancré dans le passé. Trop imbibé de culture cinématographique. Mon tort est de vouloir faire des comparaisons. Il va forcément sortir quelque chose d’important de tous ces films.

Pour la jouer totale provoc, je dirai que le meilleur souvenir que je ramène du festival Nemo, c’est la projection sur grand écran de « L’homme à la caméra » de Dziga Vertov (version Michael Nyman) tourné en 1929. Pas très récent mais toujours aussi moderne. Cinéma total.

Par Eric PETIT
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