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Publié par Eric PETIT

Il y a cinquante ans le cinéma perdait son monopole d’écran unique avec l’apparition de la télévision. Avec une seule chaîne, elle investit petit à petit le quotidien des particuliers. Deux écrans se trouvaient en concurrence. Il a fallu attendre une trentaine d’années pour découvrir la diffusion par câble, par satellite et atteindre l’apogée de la VHS et ainsi multiplier les possibilités de voir des films ou des programmes enregistrés.

Profusion d’écrans. Aujourd’hui 4 à 5 chaînes naissent chaque jour, tous médias confondus (Net, câble, satellite, mobile …). L’évolution est vertigineuse et menace fatalement de prendre de la vitesse. Elle doit tout à la technologie numérique ou digitale.

La révolution technologique ne fait que commencer. Elle a bouleversé la façon de fabriquer des films et surtout celle de les diffuser. Notre rapport à l’image a changé. De spectateur nous nous sommes transformés en consommateurs-producteurs et les professionnels établis ont peur de perdre le contrôle.

Internet permet aujourd’hui d’être à la fois acteur et observateur, de regarder des films et de proposer les siens par le même canal, le même média. Les frontières entre le monde professionnel et amateur sont de moins en moins distinctes.
A la notion de liberté s’oppose le risque de paupérisation de l’ensemble de la production.

Cette prodigieuse évolution technologique et le développement du numérique n’aboutiront à une véritable révolution que lorsqu’ils seront accompagnés d’un véritable renouveau au niveau de la création de contenus.
J’entends souvent des observateurs faire un parallèle avec l’avènement de la Nouvelle Vague au cinéma, au début des années 60. Ce mouvement qui a considérablement modifié la façon de faire des films et qui a influencé bon nombre de cinéastes d’aujourd’hui, a lui aussi bénéficié d’avancées technologiques importantes: caméras plus légères et portables à l’épaule, nouvelle pellicule extra sensible, nouveaux types d’éclairages … Toutes ces nouveautés ont permis à des réalisateurs précurseurs d’abandonner les studios et la lourdeur habituelle des tournages pour faire des films avec une plus grande liberté et avec des coûts considérablement réduits.

S’il y a eu « révolution », c’est aussi et surtout parce que ces nouveaux cinéastes, détestés de leurs aînés, ont su apporté une nouvelle manière de raconter des histoires, de nouveaux sujets, de nouveaux acteurs et sans doute une nouvelle vision du monde.

Il ne faut pas oublier également que ces nouveaux venus, ces empêcheurs de tourner en rond étaient avant tout de grands amoureux du cinéma ( aujourd’hui on dirait de grands fans). Ils avaient parlé de cinéma, écrit sur les films qu’ils avaient vus, critiqué, admiré. Ils avaient montré leurs films préférés en créant des ciné-clubs. Le cinéma était l’élément principal de leur existence bien avant de faire des films eux-mêmes.

Au bout d’un moment ils ont eu envie de raconter leurs propres histoires.
C’est peut-être cela qu’il manque aujourd’hui pour que la révolution numérique soit complète. L’envie de raconter de nouvelles histoires … L’avenir est à ceux qui seront nous faire partager de nouvelles et belles histoires. La technologie ne servira a rien sans cela.
 

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