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Publié par Eric PETIT

J'ai profité de l'été pour aller au cinéma. Voir un film en salle est devenu une activité occasionnelle. Je suis pour une fois dans la tendance … Un film est vu plus de fois en DVD qu’au cinéma. La sortie en salle ne sert que de lancement à la carrière d’un film.

Les recettes d’Hollywood proviennent à 50 % de la vidéo (VHS, encore un tout petit peu, mais surtout DVD), 25 % de la vente aux chaînes de télévision et 25 % de la projection dans les salles. C’est une fatalité qui paraît monstrueuse aux vieilles carnes de mon espèce … les chiffres évoluent encore. Damned!

Je sens bien que l’on touche là à l’essentiel, la raison d’être (d’avoir été) du cinéma.

Spectacle, représentation, exhibition, divertissement public …

Les films quittent la sphère du spectacle pour se fondre, disparaître dans le maelstrom audiovisuel. C’est une évolution logique, une sorte de transfert. De l’émotionnel à la logique de marché. De l’humain au technologique.

J’ai beaucoup fréquenté les églises. Longtemps, même. 20 ans. Je me suis ensuite nourrit dans les salles de cinéma. Une période éponge,sans doute, pendant laquelle j’ai cru trouver toutes les réponses aux questions que  la pratique et la culture religieuse n’avaient su m’offrir. Les enfants sont très curieux, ce n’est qu’à l’adolescence que l’on devient naïf..
Quand j’ai su que les films ne m’apportaient plus rien, j’ai investi un nouveau lieu: le café. Un endroit propice à la prolifération des histoires. Aujourd’hui je reste chez moi. Parce que j’ai un chez moi, une famille, un lieu pour vivre, que je ne suis plus du tout seul. Je regarde des films sur ma télé ou sur mon ordi. Pas encore sur mon téléphone. Je ne vais presque plus au cinéma. L’émotion n’est plus là.. Je me demande même parfois pourquoi j’ai eu tant besoin d’aller m’enfermer dans le noir avec des inconnus et d’éprouver les mêmes sensations qu’eux. Etrange.
Ma première sortie au cinéma. Très très classique. Je m’en souviens très bien. Ca devait être au milieu des années 60. Au vingtième siècle ! Une salle qui m’apparaît immense. « Les Variétés ». Des sièges et un rideau rouges, en velours. Un écran recouvert de publicités locales. Un balcon. J’ai longtemps cru que les balcons étaient réservés pour les gens riches. Je me souviens surtour de cette ambiance ouatée, chaude. Les voix feutrées. Un lieu magique dans lequel on m’avait autorisé à pénétrer. Moi, enfant. Privilège. Le film, je l’ai oublié, ou presque, un oualdisné quelconque.
Mais le faisceau de lumière … fascination! J’ai tout de suite compris que c'était  là, dans ce long cône lumineux, que les choses se passaient.
J’ai remarqué, il y peu de temps, que les enfants étaient encore attirés par ce faisceau. Dès qu’ils ont l’occasion, ils y plongent la main et regardent l’ombre déformée sur l’écran. La lanterne magique.

On a beau essayé d’attraper ce qu’il y a dans cette lumière projetée, c’est impossible. Le cinéma est le royaume de l’imaginaire et ne se possède pas. Il est totalement virtuel. 

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