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Publié par Eric PETIT

Cette semaine la presse nous informe qu’ «Orange s’impose dans le cinéma ». L’opérateur télécom a effectivement annoncé qu’il lançait un bouquet  télé à 12 euros par mois axé sur le cinéma et les séries. Diantre ! Un bouquet ! Mais est-ce une fleur pour l’industrie cinématographique ? Dans un article précédent j’avais évoqué la prise de pouvoir de France Télécom sur le Festival de Deauville et l’inquiétude que cela pouvait provoquer chez les passionnés de films. Avec ce nouvel offre, il y a de quoi se faire un peu de mouron.

La préoccupation  d’Orange est assurément plus de concurrencer Canal + et de lui piquer ses clients que d’œuvrer pour la diversité et la qualité des programmes.

Xavier Couture, le représentant de l’opérateur, et ancien de Canal+  a proclamé solennellement : « ce n’est pas de la télévision, c’est plus que de la télévision ». Oui, mais ce n’est pas du cinéma, monsieur le directeur des programmes. Votre ambition est de diffuser un maximum de contenus par le biais de tous les tuyaux possibles : téléviseur, ordinateur et téléphone mobile et ainsi d’engranger 100 000 clients fin 2009. Mais il y a un problème, vous le dîtes vous-même, c’est « l’accès aux œuvres » et vous avez grand peine à trouver un accord avec le cinéma. Le souci c’est comment acheter les gens de cinéma et de savoir à quel prix ils vont lâcher.

Autre motif d’inquiétude, la programmation ne prévoit pas de séparer le cinéma des séries. Mélange des genres. Il n’est pas question de hiérarchie, bien sur. Ni de dire tel type de film est mieux, ou plus noble. Je l’ai déjà dit, un film pour grand écran ne se conçoit pas comme un film pour écran, disons, moyen. Encore moins pour écran de poche. A quoi vont ressembler les films de cinéma que seront produits pour s’adapter à toutes les tailles d’écran ? Est-ce que tous les récits peuvent s’adapter à tous les modes de diffusion à la fois ? Ne risque-t-on pas d’aller vers une confusion totale et la disparition des spécificités de chaque « contenu » ?
C’est sans doute l’histoire qui veut ça, mais j’ai peur que le cinéma soit bien mal parti.

Alors arrêtons de clamer qu’Orange s’impose dans le cinéma et rectifions en prévenant qu’Orange tente d’imposer son cinéma, ou plutôt ses contenus, comme Canal + l’a fait en d’autres temps.

  

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