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Publié par Eric PETIT

Petit point de vue, bien décalé par rapport à l'actualité du moment. Quoiqu'en ces périodes de fête, le chocolat ...

Étonnant, peut-être, mais j'ai vu un film de
Tim Burton, pour la première fois hier. "Charlie et la chocolaterie". Mon peu de goût pour le cinéma américain contemporain et pour le chocolat m'avaient tenu jusqu' alors à l'écart du film. Mais il n'est jamais trop tard pour se cultiver. Je suis assez content de l'avoir vu. J'ai regardé une "copie" en DVD, je ne suis pas allé voir le film en salle. Je le regrette vraiment et la valeur de mon jugement n'en est que diminuée. Toutefois l'histoire de Charlie m'a paru extrêmement banale et sans aucune surprise, répondant à tous les rouages habituels des grands succès  publics de notre époque.
Une mécanique bien huilée qui ne prend jamais le risque de déplaire, ni même de surprendre. Je parle ici du récit.
Prenez la même histoire, changez le contexte et l'environnement, ça marche quand même, c'est implacable.
J'ai toujours pensé que dans les films, les rapports et relations entre les personnages constituaient l'élément essentielle pour créer l'émotion. Ici l'émotion est réduite à peau de chagrin.
"Charlie" est malgré tout un film passionnant parce qu'innovant et bien ficelé ... d'un point de vue technique et technologique. L'utilisation du numérique est optimale et se combine parfaitement avec le reste. Une maîtrise totale qui laisse les apprentis bricoleurs cinéastes digitaux de mon espèce sur le popotin. Époustouflant !
On y est promené, brinquebalé dans tous les sens (visuels, auditifs ...), on y prend du plaisir. C'est Disneyland à chaque seconde. Cette chocolaterie n'est-elle pas tout simplement un parc d'attraction tout en chocolat ?
Les inventions visuelles côtoient sans complexe les références au cinéma américain des années 50. Joli clin d'oeil notamment à
Esther Williams...
"Charlie et la chocolaterie" est un film sensationnel mais dépourvu d'émotion. Un film froid comme un bol de Banania oublié sur la table de la cuisine depuis le matin.
Cela dit, ces différentes caractéristiques font de "Charlie" un film bien en phase avec l'époque. L'aire de la sensation. Encore plus et plus encore. La sensation contre l'émotion. Les deux notions sont-elles vraiment incompatibles ? (autre débat)
Le cinéma se bat contre la multiplication des écrans, lutte contre le bruit et la fureur.
Il faut voir dix choses en même temps, se gorger d'informations visuelles et auditives au point de ne plus rien comprendre. Peu importe d'ailleurs. Regarder un film à la télé tout en feuilletant un magazine, sans perdre de vue l'ordinateur qui déroule ses news comme de la guimauve fraîche.
Que peut devenir le cinéma au milieu de ce maelstrom ?
Retrouvons le goût du spectacle sans se contenter uniquement du spectaculaire.
J'ai découvert l'univers de Burton sur le tard et dès que l'occasion m'en sera donnée, j'irai en salle voir d'autres films du réalisateur. J'ai grand espoir d'y trouver un peu d'émotion.

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