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Publié par Eric PETIT


Si j’ai un regard nostalgique sur les soirées télé du dimanche soir, j’ai longtemps été un adepte de la sortie ciné du samedi soir. J’ai renoué avec cette tradition pas plus tard que la semaine dernière, pour voir « L’étrange histoire de Benjamin Button ». La grande salle du Gaumont Alésia était pleine à craquer. Les gens du samedi soir étaient bien présents au rendez-vous.

Cérémonial respecté: spectateurs en retard faisant bouger toute une rangée pour atteindre les deux places libres, là, l’une à côté de l’autre.,  bruit des machouillis de pop corn,  sonneries de téléphone,  discussions à voix haute suivies d'incontournables chuuuuut !! ...
Bref, de la chaleur humaine, à l’opposé de la glaciale ambiance cinéphilique de la cinémathèque et des salles spécialisées pour cinéphiles nécrophages.

Samedi au Gaumont, le spectacle était dans la salle. Comme chaque semaine.

Jacques Tati souhaitait que la projection de ses films soit une fête, que les spectateurs discutent, parlent, rient, se manifestent . Le cinéma est un art pour les vivants.

Il aurait été comblé, quelques jours plus tard, quand j’ai accompagné une cinquantaine d’enfants de 6 à 8 ans, pour une sortie scolaire « obligatoire » au cinéma. Et justement, « Jour de fête » était au programme, dans sa version couleur originale. Je ne connaissais que la version N&B et la colorisée.

J ‘avais hâte de la découvrir mais surtout de voir de quelle façon les enfants de 2009 allaient recevoir cette vielle breloque de film. J’avoue, j’étais assez inquiet.

Tout s’est passé merveilleusement. Les mouflets ont participé au film de belle façon. Un dialogue dense et généreux s’est installé entre eux et le grand écran.

Chaque apparition de la vieille dame, promenant sa chèvre, courbée en deux, était prétexte à se moquer d’un des leurs: «  C’est la grand-mère à Thomas !! » « Ouais !! La v’là ! », cascade de rires à chaque fois. Le pauvre Thomas ne devait pas en mener bien large au fond de son siège ou sur son rehausseur Mais à chaque apparition, c’était l’hilarité générale. Les trois quarts du film se sont passés ainsi, à guetter une occasion de rire. Elles n’ont pas manqué, les occasions.

Et puis est arrivée la fameuse séquence de la « tournée à l ‘américaine » du Francoué. Scotchés, les mômes ! En prise direct avec le film. Debout entre les rangées, les morveux !

Tati, ça marche encore, même avec les gamins gavés d’images et de jeux vidéos. Une bien belle séance. Un séance festive pour « Jour de fête ». Comme on aimerait en voir plus souvent le samedi soir au Gaumont Alésia. Il ne manquait qu’un lâcher de ballons et une bataille de serpentins. Hélicoptère !!!!

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