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Publié par Eric PETIT

Les salles de cinéma ne désemplissent pas. Crise. Les gens ont besoin de distraction. Mais pas que…

Les films sont le reflet de leur époque. Dommage.

J’aimerais qu’ils prennent de l’avance, qu’ils m’aident à (pré) voir les choses, les évènements. Que je comprenne où on est, où on va. Anticipation.

J’ai vu deux films qui m’ont paru sortir un peu des sentiers battus et rebattus. Courageux.

« La journée de la jupe », « Gran Torino ». Deux icônes: Adjani, Eastwood. Du cinéma classique. Du vieux cinéma, comme avant.

Dans le premier, Adjani, peu crédible au début (ressemblant plus à Martine Aubry qu’à la belle Adèle H.), s’ancre dans le personnage, au fur et à mesure que la situation se dégrade, pour devenir tout à fait convaincante, voire même émouvante. Beau film, fort, inquiétant, qui prend le risque de sortir du carcan de la pensée molle obligatoire. Non, tout le monde ne partage pas les mêmes valeurs. Oui, nous allons au devant d’affrontements inévitables. Pas rassurants pour un poil ….

Dans « Gran Torino » (film empreint d’un classicisme confortable pour certains, agaçant pour d’autres), Eastwood commence par se caricaturer . Si la carapace qui le protège du monde extérieur (les faces de citrons, notamment) laisse apparaître quelques fissures, jamais il ne dévie de sa ligne. L’ultime scène nous laisse à réfléchir sur  ce personnage apaisé en partie et à cet être humain perdu dans un monde trop petit. Une petite planète où l’on se trouve déjà à l’étroit, où l’on se cogne les uns contre les autres.

La fin d’un cycle terrestre. Paul Virilio le dit dans « Penser la vitesse », le documentaire de Stéphane Paoli que nous avons pu voir dernièrement sur Arte. Mais l’apocalypse dont il parle, ne lui fait pas peur. Il croit en Dieu. Il sera sauvé. Comme le personnage d’Eastwod dans « Gran Torino ».
L’homme est dépassé par sa propre vitesse. On est au bout du maximum. A l’ultime seconde du temps.

On ne peut plus croire à la réalité, il nous faut passer à autre chose, inventer un autre monde. Nos propres images ne nous intéressent plus. Il apparaît même qu’elles ne nous concernent plus.

Le festival Nemo, qui a leu lieu la semaine dernière, a permis de faire un point d’étape sur ces nouvelles images. Méliès aurait été fasciné. Inventivité. Virtuosité.

Ce n’est pas du cinéma. Ce sont des films. De l’expérience. La Formule 1 pour la Mégane.

Mais tout cela manque singulièrement de récit. Ça n’accroche pas l’âme. Ça titille les sens.

C’est un peu vain tout de même. Y a-t-il un nouveau langage ici ? J’ai cherché un lien qui ferait que quelque chose se dessine… Trop vieux, sans doute. Trop ancré dans le passé. Trop imbibé de culture cinématographique. Mon tort est de vouloir faire des comparaisons. Il va forcément sortir quelque chose d’important de tous ces films.

Pour la jouer totale provoc, je dirai que le meilleur souvenir que je ramène du festival Nemo, c’est la projection sur grand écran de « L’homme à la caméra » de Dziga Vertov (version Michael Nyman) tourné en 1929. Pas très récent mais toujours aussi moderne. Cinéma total.

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