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Publié par Eric PETIT

Chacun peut trouver sa part de plaisir en visitant l’expo Tati à la Cinémathèque française .

Les inconditionnels et les fétichistes de mon espèce sont servis. On y voit le véritable képi du Françoué avec la vraie besace pour faire « hélicoptère », (un peu défraîchi, mais toujours en vie), quelques lampions en papier-carton sauvés du tournage de l’été 1947, l’Oscar hollywoodien, le César parisien mais surtout et aussi une lettre manuscrite du fan Truffaut, un scénario original, un cahier annoté par la scripte et puis plein d’autres choses authentiques et émouvantes qui doivent laisser les néophytes de marbre. Pas grave. Les incultes ont bien de la chance. Il rentre par la grande porte dans l’univers de Jacques Tati. On leur explique, on leur stabylote l’essentiel, on leur montre en quoi ce grand monsieur dégingandé fût, non pas un visionnaire, non non non, mais le plus grand observateur de son époque. Et par chance cet homme attentif était un artiste, un vrai, un drôle, un exigeant, qui savait passer dans sa propre moulinette les aspects les plus excessivement ridicules de son époque. Style poète, quoi …..

C’est un parcours visuel et sonore que nous proposent Macha Makeïeff et Stéphane Goudet. Un voyage dans l’univers du père Tati. Visuel et sonore comme les films du grand Jacques. Pas de dialogues, pas de cimaises, peu de choses à lire. De l’impression, de la sensation. Et ça rigole à tous les coins de l’expo. Surtout devant les écrans, là, on voit les extraits de films. La nostalgie et la vénération ont finalement assez peu de place. Juste, comme je viens de le scribouiller, quelques objets laissée en pâture aux fétichistes. On passe de bons moments dans cette expo. On peut faire le tour une fois ou deux ou juste revenir à un endroit précis que l’on a un peu trop rapidement survolé. L’installation vidéo est plutôt réussie. Ce sont les leçons du professeur Goudet. Instructif, bien fichu avec des interviews de David Lynch, Otar Iosseliani, Michel Gondry, J.J Annaud, Olivier Assayas, Sempé, l’inévitable Jean Nouvel… On revoit des extraits de films, les clins d’œil à Tati dans les films de cinéastes admirateurs, un peu de biographie … Goudet est drôle. On s’installe sur les fameux canapés verts de la mère Arpel. Gros succès. Le reste est à l’avenant. Passionné, et passionnant. Allez-y comme vous voulez. De mauvaise humeur, bourré avec des copains, en famille, entre deux avions … peu importe … il y en a pour tout le monde. Évitez juste les heures de pointe. Tati n’est pas encore démodé. Profitons-en !

C’est en sortant de l’expo que l’on comprend l’ampleur et l’intérêt du travail du cinéaste. On a le regard changé … On se surprend à zyeuter les gens, les lieux, les choses différemment. L’effet est le même que quand on sort de l’un de ces films. Tati, c’est l’école du regard. J’aime ressasser ce qu’il aimait répéter: «  Si j‘étais ministre de l‘éducation, j‘imposerais 2 heures d‘observation obligatoires par jour ».
voir aussi: "La villa Arpel au 104. Tati chez les bobos" et "Tati, deux temps trois mouvements".
 
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