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Publié par Eric PETIT

Il m'arrive de revivre certaines scènes de films pendant mon sommeil. Le cinéma en rêve n'est pas toujours fidèle. Ce sont toujours des séquences brèves et qui ne sont pas forcément dans le film original. L'expérience est à coup sur troublante et me donne envie ... je dirai même .... m'oblige à revoir le film rapidement. Pour vérifier. Pour revivre mon rêve. Une drôle de confusion entre deux mondes virtuels.
La nuit dernière, je me suis retrouvé dans le dernier film d'Ursula Meier avec Huppert et Gourmet. Souvenez-vous, j'avais un peu causé de ce film dans ce p'tit blog, dans un billet intitulé:
Antoine et Ursula vont au cinéma. J'avais eu l'impression que le récit était destiné à la télévision et j'avais exprimé ma déception au sujet de la dernière scène. C'était une impression "à chaud", qui n'engage que moi. L'histoire poignante de cette famille accrochée à sa maison, à son territoire, à sa petite planète est extrêmement forte et j'étais resté sur ma faim quant à la mise en scène. J'ai beaucoup aimé ce film mais j'aurais voulu l'aimer plus encore. Malgré un marketing discret et une promotion raisonnable, les résultats au box-office se sont avérés encourageants
Home, c'est l'histoire d'une famille accrochée à son lieu de vie, une maison isolée dans la campagne, au bord d'une autoroute abandonnée ou qui n'a jamais été mise en service. Cette voie rapide fait partie intégrante du territoire familial et le jour où l'on annonce sa mise en service, la tribu commence à exploser. Les relations entre les différentes membres du clan se détériorent et le chaos s'installe petit à petit.
Voilà un film humain qui ne regarde pas les gens de haut. Ici, l'homme (et la femme bien-sur) n'est pas coupable. Il subit et se débat pour sauvegarder, non pas son territoire, mais ce qui lui parait être l'essentiel, les relations avec les siens. Home est un film qui ne donne aucune leçon prétentieuse. Il regarde vivre les hommes. Il les voit s'aimer, se déchirer, souffrir, prendre du plaisir, se retrouver. Si cette famille se bat pour préserver son territoire, pour s'isoler du tumulte du monde extérieur, c'est pour mieux rester en vie, ensemble.

La force de Home est dans sa sobriété. Tout y est retenu. Les sentiments ne dégoulinent pas entre les personnages même si nous les devinons forts et indestructibles. Home est un film étonnant qui n'utilise aucun poncif, qui ne répond à aucun courant de pensée démago, qui ne caresse jamais le spectateur dans le sens du poil. Et même si à la fin du film,  la mère défonce l'entrée de la maison à coup de hache, Home n'enfonce aucune porte ouverte. Il laisse des traces, des empreintes dans notre mémoire. Home est un film utile qui nous fait réfléchir parce qu'il est intelligent.
Le bref rêve que j'ai fait cette nuit s'apparente plutôt au cauchemar. Je voyais la silhouette d'adolescente de la magnifique Isabelle Huppert courir le long de l'autoroute poursuivie par un hélicoptère. Penché dans le vide, juste au dessus d'elle, un homme moustachu la mitraillait. Les images étaient floues et je n'ai pas pu distinguer s'il s'agissait d'une arme, d'un appareil photo ou d'une caméra. Quel effroi ... j'en ai encore des frissons dans le dos.

la bande d'annonce de HOME c'est:  ici
mon empreinte écologique

                                                                             
ps: attention, un film homonyme est sorti cette semaine au cinéma, sur internet, à la télévision, sur mon téléphone portable, sur le blakberry de mon patron, sur les écrans de surveillance du métro, sous la tour Eiffel, sur le toit des cabanes des bidonvilles de Bombay ... enfin un peu partout. Mais il n'a rien à voir avec l'émouvant film d'Ursula Meier, dont on attend le prochain opus avec impatience.  Home, le vrai, n'est plus visible en salle mais est disponible en DVD. Achetez-le, c'est pour la bonne cause du cinéma.
L'autre Home, usurpateur, n'est qu'une opération publicitaire dans laquelle l'être humain n'est pas montré. Normal dans l'histoire, c'est le coupable. On ne voit jamais le visage d'un inculpé pendant son procès. On ne sait jamais, son visage pourrait laisser échapper un peu d'humanité ...

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