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Publié par Eric PETIT

Un petit papier jaune collé à un lampadaire dans la rue, devant chez moi. Comme un message personnel qui m'aurait été adressé par quelqu'un qui me connaît. Je suis passé devant plusieurs fois, sans le voir, les premiers jours. Il m'a ensuite attiré l'oeil (la couleur sans doute), sans m'arrêter. Il a fallu un orage nocturne, une pluie diluvienne. De violentes trombes d'eau m'ont réveillé. Je ne sais pas pourquoi, j'ai repensé à ce petit papier jaune entr'aperçu. Je me suis dit que la pluie allait forcément le décoller du poteau, que les bourrasques allaient l'emporter que je ne saurai jamais ce qu'il y était écrit. La pluie est tombée longtemps. Je me suis rendormi.
La première pensée matinale a été pour ce petit papier jaune. J'ai bu mon café à la hâte, je me suis habillé et je suis descendu dans la rue. Il était toujours là. Miracle des loups ! Un peu délavé, un peu déchiré, mais lisible. Une invitation pour aller au cinéma. Une association du quartier qui organise des projections. Et quel film ! Un Cassavetes que je n'ai jamais vu, introuvable en DVD, jamais repris au cinoche. Quelle chance. le voir enfin et sur grand écran ! Courageux petit papier jaune qui a résisté à la tempête. C'était donc bien un message personnel. mon cinéaste américain préféré, un film après lequel je cours depuis si longtemps. Mais ... la date ... bollocks en bois ! passée de  deux jours !. Terminé, foutu ... dans l'os. Je m'en voudrais jusqu'à la nuit des temps.
Chaque jour je regarde bien tous les messages qui viennent s'agglutiner dans ma boîte aux lettres électronique: festival, cinémathèque, films en ligne ... autant de propositions, d'invitations. Mais là ... j'ai snobé le petit papier jaune et je suis puni.
Tout de même, faut être un peu poète pour lancer comme ça, au hasard, des messages dans les rues de la ville. Ciné-club, ciné-quartier, avec débat.Comme avant le numérique. Les derniers indiens ... Je veux voir ça. Promis, j'irai la prochaine fois. Je vais guetter les petits papiers accrochés au vent dans ma rue. Je veux pas louper.

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