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Publié par Eric PETIT

L'été, c'est aussi le moment des découvertes et des explorations.                                           
Le dimanche 26 juillet à 11 h 00 du matin j'ai assisté à la projection unique de
Charly, le film d'Isild le Besco, dont je ne connaissais absolument rien auparavant. Ce film m'a touché. Son sujet, ses personnages, son style.
Petit film tourné en DV, quasiment en temps réel. Grand film qui m'a hanté durant plusieurs jours et auquel je pense régulièrement. Les images remontent de temps à autres à la surface.
Deux personnages extrêmement forts. Une histoire simple mettant en scène des caractères en complète résonance avec le réel. N'oublions pas que le cinéma, la fiction en général, n'est intéressant  et troublant que parce qu'il se place entre notre quotidien et notre imaginaire, parce qu'il nous rappelle concrètement l'existence tout en étant tout à fait autre chose. Quelque chose d'étranger mais tellement familier.
Cet ado joué par le propre frère de le Besco sonne si juste parfois. Ces grandes carcasses juvéniles et adultes dans le même temps qui semblent souffrir sans même s'en rendre compte.
"Je sais pas" est la seule réponse aux questions qu'on lui pose. Il est sincère pourtant. A 15 ou 16ans, on ne sait pas, on ne sait plus ou on ne veut surtout pas savoir. Et quand on ne sait vraiment pas, on ne sait pas faire semblant.
Après avoir vu le film, j'ai cherché à mieux connaître la réalisatrice. J'ai découvert la famille le Besco ... and Cie...
J'ai acheté le DVD de
Pardonnez-moi, film de Maïwenn, soeur d'Isild. Autre style, même souffrance apparente.. De l'écorché vif, pourrait-on dire.
Pour ce film Maïwenn le Besco a eu le courage inouï et l'impudeur provocante, voir l'indécence de mettre sa peau sur la table, comme disait Céline.
La jacket du DVD fait référence à Pialat et à Festen. Pas faux. Mais ils ont oublié Lelouch. Et là, ça aurait pu se gâter. Impression renforcée par la présence d'Anne-Sophie L., seule acrice qui sonne faux à souhait (son personnage est effectivement en total décalage avec l'histoire - il est en dehors).
La scène centrale du repas d'anniversaire est costaud. On pardonne vite les excès et les séquences un peu guimauve, un peu ... lelouchienne.
Drôle de tribu. L'actrice Catherine Belkhodja, égérie de Chris Marker,  est la mère de cette riche famille. Cinq enfants: Isild, Maïwenn, Jowan, acteur, réalisateur et directeur photo, Léonor Grasser, actrice, scénariste et Kolia Lichter, le formidable acteur de Charly. Très tôt elle aura poussé ses enfants vers une vie artistique. Le court-métrage de Maïwenn
I'm an actrice nous en donne un aperçu.  Le sujet de Demi-tarif, long métrage d'Isild (que je n'ai pas vu) me laisse imaginer une bande d'enfants vivant quasiment seuls dans un grand appartement, sans adulte, autonomes et trop tôt responsables. Un lourd secret familial plane au dessus de tout ça, tu par certains et hurlé par d'autres. Mais là je me fais un film. On ne sait plus si on est dans la bio ou dans la fiction.
Isild et Maïwenn ont profité de la révolution numérique pour raconter leur Histoire et leurs histoires avec de petites caméras. Ce sont de vrais univers de cinéastes. On accroche ou pas, mais ils ont le mérite d'exister.
Je n'ai pas eu encore eu l'occasion de voir
Le bal des actrices, film que Maïwenn a présenté au dernier Festival de Cannes, ni même les autres films d'Isild. J'ai cru comprendre que cet été elle tournait une histoire intitulée Les bas-fonds. J'ai hâte de voir la suite.
L'été est un moment formidable.

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