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Publié par Eric PETIT


J'aime assez quand les films que je vois se mettent à dialoguer entre eux.
Certains cinéastes disent que l'on fait toujours un film en réaction au précédent. Je crois que c'est Godard qui avait lancé cette idée. Bon nombre de réalisateurs ont pris ces propos à leur compte.
Le spectateur que je suis peut appliquer le principe pour les films qu'il voit.
En trois jours, j'ai vu trois bons films en salle et, évidemment, des correspondances se sont nouées entre eux.


Le Temps qu'il reste , du Palestinien Elia Suleiman, Un prophète,du palmé Audiard et Ordinary People, du serbe Vladimir Perisic. Trois films, trois styles opposés. Des points communs qui pourraient donner l'illusion d'une tendance.
Un prophète et Le temps qu'il reste sont construits en chapitres bien distincts. (dans le film palestinien les ellypses sont d'une grande audace)
Paresse des scénaristes ? Travail mâché pour les éditeurs de DVD ? Peut-être. Quoi qu'il en soit, ça fonctionne.

Le film serbe et le film Palestinien parlent tous deux de guerre et d'invasion, de lutte de peuples, 
d'ethnies contre d'autres. Ni l'un, ni l'autre ne sont des pamphlets, ni même des films politiques.  
L'un  et l'autre respectent une certaine  neutralité. Aucun nom de pays de pays n'est cité. Aucune 
référence religieuse ne vient appuyer un discours. (Mis à part la présence furtive d'une bonne soeur 
et l'apparition d'une statuette de la Vierge dans le film de Suleiman).
Ce refus d'un parti pris partisan est encore plus net dans le film de Perisic où aucun drapeau, aucun  nom de lieu, aucun détail sur les uniformes ne permettent d'identifier l'armée d'appartenance des militaires.
Peur de prendre position ? Participation au grand consensus mou ? Universalité des cas particuliers ?
Point commun qui divergent entre le film d'Audiard et celui du Serbe: les prisonniers.
Chez Audiard, les taulards savent pourquoi ils sont là et semblent être en perpétuelle révolte.
Dans Ordinary people, les condamnés n'ont pas d'autre raison d'être là, que leur appartenance à une communauté et vont vers une mort dans le calme le plus complet, sans autre mouvement que celui de marcher sous la menace muette des bourreaux et de leur kalashnikov.
Mettre quelques photos les unes à côté des autres, c'est déjà raconter une histoire. Il semble qu'il  en soit de même pour les films que l'on voit. Ça peut donner un aperçu de l'air du temps, quelques indications sur la façon d'appréhender son époque. 


  Sur les dialogues possibles entre les films, on peut lire aussi:
Haneke, Powell, Erika et Mark. Dans mes rêves...

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