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Publié par Eric PETIT

Ordinary people arrive à un moment où je me pose beaucoup de questions sur l'Europe. Un séjour dans une région de l'ex-Yougoslavie, la découverte (tardive) des films de Kusturica, la lecture du récit de Jean Hartzfeld, journaliste à Libération (L'air de la guerre), les documentaires de Chris Marker (Un maire au Kosovo, Casque bleu, Le 20 Heures dans les camps) m'ont fait plongé dans l'histoire de la dernière guerre civile qu'a connu le vieux continent. Je ne sais d'ailleurs pas encore si tout cela m'a fait mieux saisir les causes du conflit que toutes les informations embrouillées et confuses que la télévision et les journaux bombardaient en direct à l'époque. Les conséquences, elles, se précisent peu à peu.
Ordinary people arrive au moment où je suis de plus en plus convaincu que le cinéma est en train de disparaître pour laisser la place à quelque chose d'encore indéfini mais de bien présent. Que cherche-t-on à faire de plus aujourd'hui, que de se rapprocher le plus possible du réel ? Il devient impossible de différencier une prise de vue réelle d'une image numériquement composée. La 3D essaie de nous  faire croire que nous faisons partie de l'histoire. La dématérialisation ! Gros mot tendance. Plus de frontière entre le réel et la fiction. Plus de caméra, plus d'écran. Plus de cinéma. Mais a-t-on déjà vu l'image d'un chien mordre ?
Le beau film de Vladimir Perisic nous rappelle que le réel est avant tout question de temps, de rythme, de vitesse et de mouvement. S'il nous arrive parfois d'avoir du mal à supporter la vie en collectivité, au travail, en famille, c'est sans doute pour une question de rythme.
Ordinary people me va bien. C'est mon rythme et c'est sans doute une des raisons pour lesquelles ses images me hantent encore aujourd'hui, plus d'un mois après l'avoir vu. Pourquoi ce film, alors que j'en ai vu un tant d'autres depuis ?

Quelques images, quelques sons, quelques notes d'un spectateur hanté ... 9'56

lire aussi:  Palestine, Yougoslavie, prisons. L'air du temps.





"Un trajet en car, un paysage qui défile, le visage d'un homme qui cherche à comprendre une   "circonstance".

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