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Publié par Eric PETIT

Le film a déjà connu trois supports différents. Je pense encore ici au film dans son ensemble, pas seulement au cinéma. La pellicule a eu besoin d’un procédé chimique pour porter les images et d’un système mécanique et optique pour que l’on puisse les voir. La vidéo s’est plutôt appuyée sur l’électronique et le développement spectaculaire et infini de l’informatique a permis de maîtriser l’image et le son numériques. Nous couvrons ainsi une période allant de la fin du XIXème siècle jusqu’à la première tranche du XXIème.  Si nous exceptons les expériences de Muybridge et de Marey, nous pouvons estimer que le film a 120 ans. L’âge de raison, l’âge de mourir ou l’âge de tous les possibles ? Cela nous fait trois séquences qui se suivent, s’enchaînent et s’entremêlent. La vidéo analogique n’existe quasiment plus  et s’il reste une dizaine d’années à vivre au film sur pellicule, c’est bien le bout du monde.super8

En considérant les trois fonctions du film, support d’enregistrement, moyen d’expression et outil de création, et si l’on prend en compte à la fois l’utilisation faite par les professionnels et par les amateurs,  on s’aperçoit sur l’échelle du temps que la pellicule a pour l’instant la durée de vie la plus longue, même si l’on sent venir une fin brutale. La vidéo analogique n’apparait que comme un support de transition qui a connu une explosion aussi spectaculaire que son déclin. Le numérique, quant à lui a suivi la même progression que l’informatique avec une poussée fulgurante dans les dix dernières années avec le développement de la technologie  pour le grand public.3 supports
En me retrouvant par hasard, et par rasé, devant la vitrine d’un photographe proposant la numérisation de nos vieilles archives personnelles VHS ou Super 8, je me suis dit que les choses avaient évolué bien rapidement depuis que je m’étais mis à filmer, il y a un peu moins de 40 ans. Il fallait vraiment que nous ressentions un besoin vital à enregistrer des images mouvantes et à vouloir raconter des histoires pour nous coltiner ces petits morceaux de pelloches si fragiles. On en a grillé de ces cartouches Kodachrome 40 pour fixer tout et n’importe  quoi… Sans parler de l’Ekta 160 qui permettait soi disant de filmer avec peu de lumière et qui donnait un grain digne des meilleurs tableaux de Georges Seurat.  Si nous avions su, nous aurions demandé à nos parents d’attendre quelques décennies avant de nous désirer…. 


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