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Publié par Eric PETIT

Qui dit fin d’année, dit bilan, palmarès et top ten en tout genre. Le classement des collaborateurs des Cahiers du cinéma est assez révélateur d’un certain vieillissement du cinéma. Non que les films choisis soient de mauvais films mais la moyenne d’âge des réalisateurs ne nous permet pas d’imaginer avoir découvert ce que nous pourrions appeler la relève. Aux questions : quoi de neuf ? qui de nouveau ? que pouvons-nous répondre ? 66 ans, c’est beaucoup. Alain Resnais (Les Herbes folles), tête de liste, a 87 ans, Marco Bellocchio (Vincere) 70, Clint Eastwood (Gran Torino) 79, Francis F. Coppola (Tetro) 70. Manoel de Oliveira détient le record absolu du haut de ses 101 ans avec Singularité d’une jeune-fille blonde. Nous ne manquerons pas de signaler l’extrême vitalité de ces vieillards. Deux petits jeunes viennent s’intercaler au milieu du classement, faisant ainsi baisser la moyenne d’âge : Quentin Tarantino (Inglorious Basterds), 46 ans et Alain Guiraudie (Le Roi de l’évasion), 45. Le cinéma est une affaire de vieux.

Bien-sur les Cahiers sont loin de représenter à eux seuls les goûts cinématographiques des Français. Quand nous regardons à l’extrême, vers les résultats du box office français (mais toutes origines des films confondues), nous faisons le même constat. L’Age de glace, Harry Potter, Le Petit Nicolas, Là-haut, 2O12, Twilight ne permettent pas de répondre à la question « qui de neuf ? ». En revanche, la technologie évolue.  La 3D est en passe de s’imposer. Cela voudrait-il dire que le cinéma devient de plus en plus une affaire de technique au détriment du facteur humain ?

Suivre l’évolution des technologies est une affaire passionnante et je me suis précipité pour voir Avatar. Le film est époustouflant, voir même épuisant. La magie fonctionne, on dira … 1 heure. Et puis une fois l’attraction technologique digérée, que reste-t-il ? Il reste encore 1 heure 40 … Où est l’étonnement ? C’est un film que l’on a déjà vu 1 000 fois. Toujours le même scénario sans surprise. Celui du King Kong de 1933, celui de tous les films-catastrophes de mon enfance. Même histoire, mêmes ficelles. De ce côté-là Avatar est un très vieux film, ce que j’appelle un film mort. Naïvement, j’attendais beaucoup trop de ce film. J’en ai pris plein les yeux. J’ai eu exactement ce qu’on m’avait promis. Le contrat est rempli. Mais secrètement, sans rien ne dire à personne, sur le chemin du Gaumont Aquaboulevard, j’espérais fort en avoir un peu plus. Un petit supplément d’âme humaine, une histoire aussi surprenante que les effets technologiques. Nada ! L’être humain est doublement perdant avec Avatar, dans sa facture même et dans le message véhiculé par le film.

Les vieux dinosaures adulés par les critiques des Cahiers du Cinéma, et pour la plupart par moi-même, sont les représentants d’une espèce en voie d’extinction. La technologie prend le pouvoir. C’est peut-être bien, je ne sais pas. Je vais sans doute y trouver du plaisir. Je suis juste un peu triste de voir un monde auquel j’étais viscéralement attaché disparaître. 

                                         la fin d'un monde     
                      le cinéma, un monde désuet en fin de vie qui cherche encore un repreneur

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