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Publié par Eric PETIT

Il y a quelques mois mon rasoir électrique tombe en rade. Pas réparable. Poubelle. Retour de la mousse, du blaireau et de la lame. Tout à coup ça devient immanquable. Illumination: je suis Clint Eastwood (dans un film qui n’existe certainement pas).MarlonBrando20

Devant un vieux ranch de l’ouest américain, du côté de Cinecittà, je me rase, faisant couler un filet d’eau de la pompe de l’abreuvoir à chevaux. D’ailleurs mon fidèle coursier est à mes côtés et attend calmement, bien dressé. Il sait que la route va être longue aujourd’hui. Une mouche bourdonne autour de moi. Un morceau de miroir me renvoie l’image d’un cavalier s’approchant dans un nuage de poussière.

Rapidement, mais avec de petits mouvements souples et précis, je rince la lame, la plie et la glisse dans la poche de mon pantalon, tout près de mon revolver à barillet.  Là, geste ultime et profondément cinématographique, « j’efface » à l’aide de mon foulard la mousse sur les joues et le menton. Dans le plan suivant elle aura totalement disparue et je serai parfaitement rasé, prêt à affronter ce nouvel ennemi.

Il y a des gestes qui n’appartiennent plus au réel  depclassic-shavinguis longtemps. On ne sait plus très bien qui a copié sur qui. On ne veut plus le savoir.

Un peu plus tard après avoir quitté la salle de bain, je serai Pee Wee Hermann pédalant comme un dératé sur ma bicyclette pour me rendre au boulot. En revanche, ce soir, quand je rentrerai  à la maison, mon vélo sera devenu une moto  et j’aurai pris les traits de Steeve Mac Queen m’échappant du bureau.

La vie n’a rien inventé. Elle a tout piqué au cinéma.

 

          
  


                                                       

 

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