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Publié par Eric PETIT

une semaine de cinéma (15)

Dharma Guns

Très belle séquence d’ouverture. Et puis plus rien. Déçu. Un film très très très vieux, figé. Punk is dead depuis longtemps.

DG pola

 

Gondry, l’amateur professionnel

Les gens dont le métier est de faire des films ont toujours tenu les cinéastes amateurs dans un très profond mépris. D’où un incommensurable complexe des seconds face aux premiers. Malgré des frontières de plus en plus floues au regard des moyens de productions et de diffusion, les deux mondes continuent de s’ignorer. Il existe encore quelques associations, sortes de clubs du 3ème âge, qui fonctionnent et qui se réunissent régulièrement pour s’autocélébrer au cours de soirées de mises en commun, de projections, de critiques et de discussions. On y voit parfois des choses intéressantes. La rétrospective de l’œuvre complète d’un de ces artisans du dimanche peut prouver que l’on n’a pas besoin de faire partie du « métier » pour avoir son propre univers et savoir le faire subtilement sentir…

La dernière soirée à laquelle j’ai pu assister a permis d’évaluer l’évolution du cinéma amateur en visionnant des films fabriqués entre 1937 et 1983. Reflets des différentes époques. Décevant constat que de voir l’audace et la liberté s’estomper au fil des années. Dès 1937 il était déjà de bon ton de singer les « grands » films. On en est toujours là. Le cinéma amateur n’a jamais su s’affranchir totalement. Pourtant la liberté pourrait être totale. Aucun compte à rendre à quiconque. Aujourd’hui les clubs sont remplacés par YouTube, on y voit de temps à autres de très belles choses. Mais est-ce que ces gens se parlent un peu ? 

L’expo participative de Michel Gondry au centre Pompidou à Paris, « L’usine de films amateurs » peut être envisagée comme un hommage à ces bricoleurs, parfois de génie, que sont les non-professionnels. On peut au sein d’un groupe de volontaires enthousiastes  fabriquer en 3 heures un petit film. C’est un succès énorme, il y a une liste d’attente de plusieurs semaines. Ces apprentis cinéastes sont-ils de vrais «amateurs » mus par une passion chevillée au corps ou de simples happy fews voulant participer à une expérience branchée ? Il y a sans doute un peu des deux.

Les installations proposées par l’ancien batteur du groupe Oui Oui et néanmoins réalisateur de l’excellent « Soyez sympa, rembobinez », nous montrent bien que le cinéma reste avant tout un jeu d’enfant. Que l’on tourne des films à gros budget ou seul chez soi avec son petit caméscope, on en est toujours à jouer au cinéma et c’est bien difficile d’en sortir.

La séance du dimanche, 11h00.

Je ne vais plus à la messe depuis longtemps. En revanche je vais très souvent voir des films le dimanche matin. Ce sont des séances particulières. Le public matinal est composé à la fois de vieux radins (puisque le tarif est réduit) et de vrais passionnés qui ne sont là que pour le film. En sortant on croise les pères de famille qui sortent de la boulangerie avec leur baguette sous le bras portant religieusement l’éternelle boîte de gâteaux dominicale. Moi, j’ai des images plein la tête qui vont me porter toute la journée. Je vais pouvoir profiter du film jusqu’au soir. Un luxe que l’on n’a pas après les séances du soir. On va se coucher et on rêve d’autres choses. Avez-vous déjà vu l’ouverture d’un cinéma ? C’est un moment magique, plein d’espoir. Un rideau de fer qui s’ouvre vers l’inconnu et l’infini.

 La 3D s’essouffle.

Attendons le Pina Baush de Wenders avec impatience.

 

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