Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Eric PETIT

Le cinéma ressemble quelquefois à  la vraie vie, on peut y faire des rencontres. Certaines s’oublient moins vite que d’autres.  Combien de personnages peuvent véritablement marquer la carrière d’un spectateur ? 4, 8, 10 ? Pas plus, j’imagine. Il est trop tôt pour dire si Hadewijch résistera à l’épreuve du temps et aux défaillances de ma mémoire de poisson rouge, la rencontre est encore toute récente.

J’avais beaucoup aimé La vie de Jésus et L’humanité, les personnages et le rythme des récits. Bruno Dumont avait réussi à m’embarquer. Les deux films m’avaient habité quelques temps sans pour autant réussir à me hanter  autant que cette histoire d’adolescente amoureuse du Christ.  J’ai eu un peu de mal à rentrer dans la vie de Céline-Hadewijch et de sa passion hors du temps, hors de l’époque surtout. Et puis petit à petit, je me suis laissé séduire jusqu’à me sentir  à ses côtés. Voilà, ce qui Femmes sous influencepeut  parfois arriver avec les films. Finir par en être, tout simplement. Peu importe si le film a des défauts, un scénario déséquilibré, une musique trop présente ... C’est accessoire. On est là installé dans l’histoire, c’est bien ce qu’il y a de plus important.

Je me souviens avoir eu le même genre de sensation en découvrant A nos amours de Pialat le jour de sa sortie. A l’époque je ne connaissais pas grand-chose du cinéaste.  Encore une jeune actrice inconnue qui se révélait. Sandrine Bonnaire et sa fossette ont fait du chemin depuis.  Je ne sais pas si Julie Sokolowski continuera à faire l’actrice, peu importe. C’est le personnage d’Hadewijch qui compte. Lui, continuera à exister. La petite Julie opterait, elle, pour le métier de libraire. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Au cinéma, il y a les rencontres et aussi les retrouvailles. Cette semaine j’ai revu Une femme sous influence de l’inégalé Cassavetes, à la télévision. J’y ai retrouvé Nick et Mabel – Peter and Gena toujours aussi déjantés, comme on s’était quittés après notre première rencontre, il y a de cela au moins  15 ans. J’ai eu l’impression de revoir de vieux amis. Eux, n’avaient pas vieilli. Moi si. Je les avais trouvé si drôles à l’époque, si dramatiquement cocasses. Je n’avais pas compris qu’il s’agissait d’une tragédie. Que tout était joué, que rien ne pouvait aller contre une issue fatale.  J’avais à peine entr'aperçu la souffrance de ce couple, de cette famille. Deux « gros » personnages pour un seul film. Je n’arrive pas à savoir si ce sont eux qui ont pris de l’épaisseur ou si c’est moi qui vieillis mal. C’est toujours rassurant de savoir que l’on a des amis quelque part, même si on ne les voit que très rarement. Un coup de blues ? On glisse un DVD dans le lecteur et on va prendre de leurs nouvelles, tenter de voir ce qu’on est devenu soi-même en se confrontant à nouveau à eux.

                                          J’ai donné rendez-vous à Hadewijch dans dix ans.
vieux amis
prendre des nouvelles de ses vieux amis
                                                            
 

Commenter cet article