Partager l'article ! Je me souviens qu’en 1981 j’ai tourné mon premier « vrai » film.: Ce n’était plus une de ces bandes super 8 bricolées amour ...
Ce n’était plus une de ces bandes super 8 bricolées amoureusement avec mes copains.
C’était un film de fin d’études. Un truc « sérieux ».
Sujet libre. Tournage en studio avec décor à imaginer et à construire.
Une équipe et tout le matériel technique pour réaliser un court-métrage en 16 mm, à ma disposition pour une semaine.
Vertige. Trouver une idée, la développer, la transformer en scénario.
Découper en séquences, en plans.
Trouver des comédiens. Expliquer à l’équipe.
Tâtonner, répéter, chercher. Trouver.
Je me souviens que ce film s’est appelé Imaginations.
Parce que justement, après avoir été submergé par des centaines d’idées « cinématographiques » depuis plusieurs années, là, rien. Le vide.
Voilà l’histoire. Simple. Un homme qui n’a pas de sujet, et l’idée lui vient d’un enfant.
5 minutes 30 de non-histoire.
Un film calme, soyeux, intime et léger.
Je me souviens qu’à l’époque Wim Wenders répétait en boucle qu’il ne savait pas raconter d’histoires et que c’était pour
cette raison qu’il tournait essentiellement des road-movies. Qu’avec ce genre de film, le récit avançait tout seul en suivant les pérégrinations et le rythme de ses personnages.
Je me souviens que bien des années plus tard, après avoir abandonné l’idée de raconter des histoires sur pellicule, je me
suis rendu compte qu’un film pouvait naître aussi de la confrontation de l’imagination et de l’inopiné. Je me suis acheté une petite caméra numérique.