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Publié par Eric PETIT

Quelques propos tirés de mes lectures de ces derniers jours. Ils traduisent beaucoup mieux ma pensée et mes interrogations que si j’avais tenté de le faire avec mes pauvres petites phrases habituelles.

Alain Resnais, Cahiers du cinéma, novembre 2009

« Pourquoi, alors que l’intrigue et les personnages n’intéressent pas, soudain on va avoir un plaisir énorme ? Ce qui est intéressant, c’est quand les choses charment au sens fort du terme. Comme ces moments de brume de chaleur l’été sur les routes où il y a un tremblement sur l’asphalte qui n’a rien à voir avec le paysage. Quand il se produit dans un film quelque chose qu’on ne peut pas analyser et qui vous émeut, c’est ce qui vaut la peine de tourner un scénario ».


Alain Cavalier, TéléObs, octobre 2009

« Je garde en mémoire le souvenir du visage de Viviane Romance, vu dans un film quand j’étais enfant. Je ne me souviens pas du film, mais je me souviens de la salle : « le « Ronsard », à Vendôme. C’était une ancienne bonbonnière transformée en cinéma ».

Guy Verrecchia, PDG d’UGC, Le Figaro, 9 novembre 2009

(au sujet de la diffusion numérique des films en salle)       

« De notre point de vue, pour l’instant, il s’agit d’un marché de dupe qui consiste à faire payer aux exploitants les solutions permettant aux distributeurs de films de faire baisser leurs coûts notamment sur les copies. Par ailleurs, il faut un minimum de dix ans pour amortir des équipements qui sont d’ores et déjà menacés d’obsolescence . (…) Certaine salles de cinéma sont en train de devenir des palais des congrès multifonctionnels. Quant à la diffusion en relief, elle tire le cinéma vers le parc d’attractions et l’éloigne de notre logique éditoriale. Je crois que la technologie en relief peut être intéressante pour un certain type de films issus de l’univers du jeu vidéo. Mais ce n’est pas une fin en soi. Nous trouvons plus d’intérêt à défendre des films comme Un Prophète ou Le Ruban blanc ».

Repris dans un excellent article de Michel Marmin consacré à la nouvelle vague dans le magazine Le Spectacle du monde de novembre 2009 :

Alexandre Astruc dans l’Ecran français, du 30 mars 1948

« Après avoir été successivement une attraction foraine, un divertissement analogue au théâtre de boulevard, ou un moyen de conserver les images de l’époque, il (le cinéma) devient un langage ».

Repris dans le même article du Spectacle du monde :

Philippe Person, Le Monde diplomatique février 2009

« Avec plus de deux cent quatre films sortis en 2007, contre à peine la moitié dix ans auparavant, la production française n’a jamais été si pléthorique. Elle se polarise entre quelques grosses productions, les « blockbusters » à la française, et une myriade de « petits films » à « faible budget », de moins en moins proches du modèle « art et essai », et dont la fonction principale est de répondre aux cahiers des charges des chaînes télévisées qui ont contribué à les produire, et qui, ce faisant les ont « formatés » sur le modèle de leurs propres téléfilms ».

Enfin à la dernière question posée : « Vers le cinéma intégral ? », dans son livre Le documentaire et ses faux-semblants, François Niney répond :

« Après le son et la couleur, est-ce que le relief, l’écran total à 180° (Omnimax) ou plus, voire l’immersion complète avec odeurs, figurent l’avenir ultra-documentaire du cinéma ? Le futur du cinéma tient-il à cet hyper-réalisme intégral que promettent certai ns technologues et journalistes en mal d’innovation ? D’abord, comme ironisait Jean Renoir, si c’est pour en arriver là, il sera toujours préférable de prendre sa Vespa et d’aller faire un tour en forêt.  (…) « Ne copiez pas sur les yeux », intimait Vertov à ses kinoks. Le cinéma n’est pas la vie, et son avenir n’est pas d’en contrefaire tous les traits. La promesse du 7ème art est dans le sens (cadré et monté) qu’il sait tirer de la vie ou peut lui donner, documentaire ou fiction ».

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