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Publié par Eric PETIT

Il n’y a pas que le cinéma.  Heureusement. Il y a aussi toutes les autres expressions filmiques dont on est envahi quotidiennement.  Ne nous plaignons surtout pas.  Le Net est une source inépuisable. Il faut juste s’armer de beaucoup de patience et s’enfiler des dizaines de bouzes avant de trouver  une petite perle.

Au cours d’une de mes petites pérégrinations nocturnes dans la blogosphère,  je suis tombé sur une page du blog de Bango. Ce jeune directeur artistique publicitaire a eu la bonne idée de répertorier les tendances des vidéos créatives en 2010. C’est plutôt bien vu et assez représentatif de ce qui se fait. Comme je me suis donné le rôle du vieux râleur revenu de tout, je dirai qu’il n’y a rien de neuf à l’horizon. On faisait déjà tout ça (ou presque) avec nos caméras super 8.

Le stop motion s'appelait  pixilation. On vissait un déclencheur souple sur la caméra que l’on pressait gentiment à chaque fois pour prendre une image, un photogramme. Il en fallait 24 pour faire une seconde de film. Des heures de patience, de temps suspendu pour faire quelques minutes.  Benny Hill n’a pas fait mieux. Nous aussi on avait l’impression d’inventer le cinéma.                        
                                                                                                                               cliquer sur la photo
pixilation

Le tilt shift dont nous parle Mister Bango est plus un procédé photographique pur qu’un effet propre au film. Le time lapse, pour nous les vieux, revient à la même chose que le stop motion. C’est de l’image par image. On cadre un coucher de soleil et on fait une photo (un photogramme, je me répète) toutes les 30 secondes, par exemple, mais à intervalle régulier.  Le tour est joué. Toutes ces  images prises toutes les 30 secondes projetées à la vitesse de 24 par seconde donne un effet d’accéléré. La fleur qui s’ouvre, le soleil qui se couche, les nuages qui avancent à toute vitesse. Trop fort !

Le numérique réinvente tout cela. En mieux, en plus propre. Plus net, moins bricolage.  Nous sommes la génération de la transition. Un peu sacrifiée. Arrivée trop tard ou trop tôt. Un rôle de passeur à jouer, sans doute. Dans tous les cas, nous vivons pleinement cette mutation comme des spectateurs privilégiés.  Nous aussi, nous avons grillé des  kilomètres de pellicule à faire juste des essais, des expériences.  On a tout essayé, on a martyrisé nos Super-8 Normecaméras, les cartridges Kodak qu’on rembobinait dans le noir enfermé dans les toilettes pour faire des surimpressions. La vie s’arrêtait pendant une semaine le temps de recevoir la petite bobine du laboratoire. Une semaine pendant laquelle nos images bricolées étaient véritablement virtuelles.  Et là, tout tremblant, on se retrouvait à nouveau dans le noir d’une chambre … La magie allait-elle fonctionner ? Le ronron du projecteur livrait son verdict. Notre petite histoire allait-elle tenir la route ? Etions-nous plus proche de Méliès que les contemporains de Mister Bango ?

 

 

 

 

 

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