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Publié par Eric PETIT

champs-E.JPG« Nous avons commencé à faire des films aux alentours de quinze ans, entre copains de lycée. Nous dépensions la quasi totalité de notre temps libre à faire tourner nos petites caméras, à manipuler nos colleuses, à nous user les yeux sur le petit carré de verre dépoli des visionneuses. Nos mains étaient plus souvent occupées à tripoter de la pellicule qu’à caresser les cuisses des filles.naiade A cette époque nous ne faisions aucun rapprochement entre ces petits courts-métrages maladroits et les films que nous pouvions voir à la télévision ou au cinéma. Quand nous nous rendions en bande dans une salle le samedi soir, nous y allions pour voir un film et non dans l’espoir d’embrasser notre voisine dans le noir.

Pour nous cinéphiles en herbe, la vérité se trouvait dans les films et les romans. Aujourd’hui cette vérité, si elle existe, est à la fois partout et nulle part.

Nous étions nourris aux films par intraveineuse. La vie nous paraissait bien fade. Le cinéma a toujours été considéré comme un condensé de vie, ne retenant que les moments forts, positifs oupharmacie.jpg négatifs. A côté de cela l’existence avait perdu tout relief. La vie ne nous intéressait que quand elle nous rappelait la fiction. Nous jouissions de toutes les péripéties du réel comme un spectateur exultant devant un bon film. A tel point que le suicide d’un d’entre nous avait pu passer comme un moment jubilatoire et cinématographique. »

La nostalgie est une maladie mortelle.

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