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Publié par Eric PETIT

Un mois sans cinéma. Ce n’est pas la mort. Juste quelques docs sur Arte + 7 et autres sites de rattrapage.  Un beau film de Lynch, toujours sur l’ordi.

Il faut habituer les enfants à regarder les films sur l’ordi. Les aider surtout à voir les images.  Bientôt ils n’auront plus grand chose d’autre. L’ordi et les images.

Quand Truffaut est mort, je me suis retrouvé dans la même situation que Julien Davenne. Je suis entré dans ma chambre. J’y ai vu des rayonnages de livres et de cassettes, des photos sur les murs.flammes vacillantes Autant de bougies vacillantes dans ce mausolée personnel.  Pialat est mort bien plus tard. Encore une grosse pelletée de terre sur le cercueil du cinéma. De Baecque n’est pas loin de donner le coup de grâce avec sa bio grandiose du (saint) patron. Godard à moitié inhumé.

Lâchement  je préfère « catch-uper » une série de docs sur les indiens d’Amérique. Peuple disparu. Même le cinéma, qui s’en est goulûment abreuvé, n’a pas su le préserver de l’oubli. John Ford a bien tenté dans un dernier film de renverser la vapeur en essayant de lui donner une image moins sauvage, plus sympathique, plus « humaine », dirons-nous … plus à l’image des colonisateurs européens.  Ford, dans un dernier souffle … comme une excuse.  Se rattraper. Les cheyennes. Grand et triste film.

Rattrapage, disions-nous. Le cinéma, n’est-il pas aussi, et surtout, une discipline de rattrapage pour bon nombre de nos cinéastes encensés  et à moitié embaumés ?

Le premier rêve de Godard  n’a-t-il pas été de publier des écrits sous la noble couverture de la NRF du vieux Gaston ? Truffaut n’a-t-il pas clamé suffisamment  à longueur de films son amour de la littérature, pour que l’on devine en lui un écrivain … disons … virtuel ?  Eric Rohmer ne se destinait-il pas à une sage carrière littéraire après la publication de son premier roman chez Gallimard, justement ? Maurice Pialat se voyait en peintre maudit, il fut cinéaste à succès. Peut-être aussi peut-on se demander si Resnais n’aurait pas trouver son bonheur à vivre dans la peau d’un chanteur continuitéd’opérette.  Nous-mêmes, petits spectateurs transis, aurions-nous passé tant d’heures, prostrés dans l’obscurité, si nous avions eu le courage d’affronter l’existence avec plus de courage et de franchise. Qu’avons-nous à envier aux « no life », nos enfants ?






"Et voilà, j'ai fait du cinéma. Car quand on a vu des films, on s'est sentis enfin délivrés de la terreur de l'écriture. On n'était plus écrasés par le spectre des grands écrivains."   JLG

 

 

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