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Publié par Eric PETIT

La première question que peut se poser le spectateur de cinéma est simple. Pourquoi se rend-on encore dans les salles  pour voir des films ?

La première réponse est basique. Parce que la publicité faite autour des films nous y incite/ pousse. On peut donc penser que l’on achète son ticket à 9 ou 10 euros sur une envie, une pulsion, comme on décide d’acquérir la paire de chaussures dont on a vu la publicité dans un magazine. Aller au cinéma c’est aussi un acte d’achat. Mais pas que.

cinemontreal

Le début du commencement d’une autre réponse m’a été donné ces jours-ci lors d’un atelier intitulé « à la découverte de mon cinéma de quartier » avec un groupe d’enfants de 8 ans, dans le cadre du dispositif « école et cinéma ».  Grace à ce programme ces enfants ont pu découvrir quelques films qu’ils n’auraient sans doute jamais vus sans cela. Ces projections sont toujours l’occasion d’échanges drôles et instructifs entre l’animateur et les enfants. Ce petit blog m’a déjà permis d’en relater quelques uns. Exemple:  Topor, Laloux, les écoliers et la planète cinéma

Cette fois il ne s’agissait pas de voir un film mais de « visiter » ce lieu étrange et magique qu’est une salle de cinéma. Il peut paraître très curieux de s’enfermer dans une grande salle, dans l’obscurité,  pour voir un film et cette expérience n’avait jamais été vécue par certains d’entre eux avant ces sorties scolaires. Pour ma part il m’a toujours paru mystérieux de ressentir le besoin de s’enfermer à plusieurs dans le noir pour regarder un écran. Cette espèce de sentiment de solitude en groupe …

Quand on leur a demandé pourquoi il était nécessaire de faire le noir dans la salle avant le début de la projection, les réponses ont été multiples et variées. Mais tous sont tombés d’accord pour dire qu’il s’agissait avant tout de bien voir le film, de ne plus voir ce qu’il y avait autour et de ne plus être dérangé par son voisin. Donc, de n’être là que pour le film. Bref, d’être en immersion totale. Cette idée à été confortée quand ils ont vu les enceintes disposées autour d’eux dans la salle. Il s’agit bien d’être enveloppé par le film, de rentrer dans l’histoire.

Allersalle.jpg voir un film en salle est aussi une expérience, un moment privilégié qui nous met en relation direct avec le film. Des conditions optimales que l’on ne peut pas retrouver à la maison. On dit "voir un film" au cinéma et "regarder un film " à la télé (ou sur l’ordi).

L’immersion dans l’histoire. N’est-pas l’avenir que certains prédisent au cinéma ? Pas tant la 3D que  l’holographie.  Pourra-t-on encore appeler ça  du cinéma ? Sans doute, non. Mais ça y ressemblera. Comme un rappel des temps anciens, des origines.

Avatar m’a offert un grand moment d’espoir… vite transformé en grosse frustration. La première apparition de la représentation  en holographie de Pandora m’a laissé entrevoir ce que pourrait être le futur. Enfin une innovation narrative … les personnages présents dans cette scène vont intégrés ce magnifique hologramme et pénétrer la planète bleue par ce biais. Et nous, spectateurs, allons les suivre dans ce voyage vertigineux … Mais non, Cameron, nous a ressorti le bon vieux truc des films de SF des années 1960, quand les cabines de douche se transformaient en machines à voyager dans l’espace ou dans le temps.  Dans Avatar, elles ressemble nt plus à ces sortes de grilles-pains horizontaux que l’on trouve chez les marchands de bronzage.  Quel retour brutal sur le plancher des vaches ! Moi j’étais prêt pour le voyage. L’attraction spectaculaire sans 45 minutes d’attente. Mickeyland sans les touristes hollandais en short.

Nos gamins auront sans doute plus de chance que nous. D’ici quelques dizaines d’années, les histoires seront enfin au même niveau que les technologies.

Autres petites réflexions enfantines entendues lors de cette découverte de la salle de cinéma.

-          L’écran de la télé est tout noir, il est électrique. Au cinéma il est tout blanc.

-          Les haut-parleurs servent à faire sortir les paroles des personnages.

-          Derrière l’écran il y a des gens qui font des gestes, c’est la vidéo.

-          Le « projeteur » doit régler la langue du film avant de l'envoyer.ZORRO

-          L’écran, c’est comme le gruyère, c’est plein de trous.

A l’issue de cet atelier, chaque enfant a reçu un morceau de pellicule, 24 images d’un film, 1 seconde d’histoire. Ils ont fait une chaîne en mettant leurs bandes bout à bout. On leur a fait calculer qu’il fallait 3 600 enfants pour faire 1 heure de film. Trop ouf !

Ces séances se déroulent  à L’Entrepôt (Paris XIV), magnifique lieu de cinéma.  Prochain spectacle : « Le voleur de bicyclette ». J’y serai.

 

 

 

 

 

 

 

                               

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