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Publié par Eric PETIT

C’est l’offensive ! C’est Noël ! Une pléthore de caméras miniatures arrive sur  le marché. On nous a promis la révolution technologique. Elle est là. Des caméscopes qui font tout et avec lesquels n’importe quel déficient mental est capable de réaliser des images aussi belles que celles des plus grands directeurs photo du monde. On ne cesse de répéter qu’avec le numérique les frontières entre professionnalisme et amateurisme fondent comme la banquise.  Il me semble pourtant que l’on tienne volontairement le filmeur du dimanche dans l’ignorance la plus totale et qu’on l’enfonce bien profond à coup de publicités et d’articles promotionnels dans sa position d’amateur. facile de faire des films en haute définition. Dual-flou.jpg
Ces caméras, ce sont des boîtes d’allumettes avec juste un bouton pour devenir Stanley Kubrick en appuyant dessus. Si légères, si maniables, si pratiques, ça tient dans la poche, ça tient dans la main, si mobiles. Bouger avec  Sanyo.  Tout est là justement, dans le bouger. Il me semble aussi que filmer c’est à la fois, enregistrer des images mais aussi des sons. Ne parlons pas du son, parent pauvre du film amateur. Aucune publicité ne mentionne la qualité du micro. Il est d’ailleurs bien difficile de trouver un caméscope qui permette de brancher  un autre micro ou un casque.  Sanyo nous dit aussi que son Dual est bien plus qu’un caméscope. C’est aussi un appareil photo qui fixe des images en rafale. Mais monsieur Sanyo ne nous dit pas si l’on peut en prendre 24 à la seconde … envie-de-bouger.jpg

Le Flip de Cisco est encore plus petit … et plus pratique. Cette pocket  cam permet, d’après ce que l’on peut lire dans la presse, de « tourner, monter et poster, sans flipper ». Le cinéma sans émotion. Je film avec  mon Flip  grand comme une boîte de suppositoires en contrôlant ce que je fais sur le super viseur de 5 cm puis je le branche directos, via une USB, sur mon ordi, « dès lors, la caméra dévoile son logiciel de montage incorporé » qui me permet en un tour de mains de mettre tout ça en musique et d’envoyer mon chef-d’œuvre  à la terre entière. C’est fastoche, c’est magique. Reconnaissons tout de même, que c’est assez bleffant et que les cinéastes du dimanche que nous sommes tous peuvent avoir l’illusion d’en être.  Oui, c’est ça … juste une illusion. Pour transformer cette illusion en concret, il faut un peu de réflexion, de travail et de créativité. Mais ça, les pubs n’en parlent pas. Ce n’est pas très vendeur. Faire des films n’est pas une activité facile. Ce n’est pas forcément  « in ze pocket » tout de suite.
cinéaste du dimanche ?  dunhill.jpg  sait-il ce qu'il a dans la main ce brave garçon ?

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Chris 08/02/2010 23:07


Beau papier ;)
J'ai pris la liberté de vous citer dans ma revue de presse sur les Pocket CAM, car j'ai trouvé très juste votre "coup de gueule".
Et oui la vidéo se limite parfois à la seule captation... c'est bien dommage, mais il restera toujours des gens pour aller plus loin, et se poser les problématiques de l'écriture, du scénario, du
montage, etc... ouf !
Pour les autres cela restera du Prélèvement sur le réel... de la mémoire d'image animée... après tout pourquoi pas !
Cordialement.
Chris


freddow 10/01/2010 12:47


bonjour

Ce qui compte avant tout c'est avoir une bonne histoire à raconter. On peut avoir un matos pro de plusieurs milliers d'euros, beaucoup d'argent si on a pas une bonne histoire ca ne sert à rien. Par
contre si on a pas grand chose en matériel et pas trop de sous mais une bonne histoire et une bonne dose de créativité on peut faire des trucs bien. C'est pour ca que l'accessibilité du cinéma
numérique via les caméras peuvent permettre à des tas de personnes de faire des choses interessantes et sortir des sentiers battus. le cinéma n'en est qu'à ses balbutiements et tout le monde peut
faire du cinéma comme il le veut du moment qu'il y est de la creativite et de l'imagination
freddow